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Armes chimiques en Syrie : tous les chemins mènent à Londres

Le 16 août à 19:08

Par Christine Bierre

Lundi 29 avril 2013 - « C’est l’Empire britannique, imbécile », vient de redire Jacques Cheminade, évoquant le rôle néfaste que jouent la City de Londres et Wall Street — les héritiers modernes de pratiques financières de l’ancien Empire britannique — dans l’évolution économique et financière de la zone transatlantique.

Mais l’oligarchie financière anglo-américaine ne joue pas un rôle décisif uniquement dans l’évolution financière du monde. Elle est le cerveau stratégique de la zone euro-atlantique, celle qui élabore les plans qui détermineront quelle partie du monde imposera son hégémonie aux autres, qui sera le gros poisson qui mangera les petits.

Dans ce contexte, il est fascinant, pour ne pas dire effrayant, de voir a quel point les décisions qui amènent le couple anglo-américain, et son partenaire junior français, à engager des guerres qui taillent dans la chaire humaine et dans l’histoire des sociétés millénaires dans le seul but de forger un Empire mondial, sont prises de l’autre côté de la Manche.

Ce fut le cas de la Première guerre du Golfe contre Saddam Hussein (1990 à 1991) où la dame de fer Margaret Thatcher avait du insuffler à George Bush père, un peu de sa volonté de nuisance pour l’inciter à se lancer dans cette guerre insensée. Ce fut aussi le cas lors de la deuxième guerre du Golfe (2003 - 2011) où Tony Blair, l’héritier de la dame de Fer, a fourni le prétexte — les armes de destruction massives - à George W. Bush - pour repartir en croisade contre Saddam Hussein.

Et, si nous laissons faire, cela risque de marcher une troisième fois contre Bachar al-Assad, car toutes les « preuves » de l’utilisation « probable » d’armes chimiques par le gouvernement syrien viennent de Londres, ou de « l’opposition syrienne », déployée par Londres et ses alliés américains et français contre ce régime.

Rappelons d’abord, dans ce contexte, cet article étonnant publié par l’Oriental Review du 31 janvier dernier, de la plume du Russe Andrei Fomin, où il était question de la firme britannique Britam Defence qui, financée par le Qatar, aurait pu être contractée pour créer en Syrie, en y déployant des mercenaires, l’impression de l’utilisation d’armes chimiques par le pouvoir…

Remontons ensuite la machine du temps. Le 11 avril, selon un article publié par l’agence de presse très British Reuters, signé par George Ourfalian, des diplomates onusiens préférant garder l’anonymat, auraient affirmé avoir des preuves de l’emploi d’armes chimiques en Syrie. « Des examens du sol, des entretiens avec des témoins et des rebelles montraient, selon eux, que des agents neurotoxiques avaient été utilisés dans et autour d’Alep, de Homs et peut-être à Damas. »

Le 13 avril, ce fut au grand quotidien britannique The Times, de fournir les « premières preuves » de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. Selon le Times des preuves médico-légales ont été découvertes dans un échantillon de terre prélevé dans une zone proche de Damas et sorti clandestinement du pays vers le Royaume-Uni. Cet échantillon aurait apporté la preuve qu’un certain type d’arme chimique avait été utilisée, ont indiqué des sources du ministère de la Défense anglais citées par le journal. Les tests ont été conduits au département de recherche chimique et biologique du ministère de la Défense britannique à Porton Down.

De même source, « l’unité britannique qui a supervisé l’opération n’a toutefois pas été en mesure de déterminer si les armes avaient été utilisées par le régime du président Bachar al-Assad ou par les rebelles qui le combattent. Elle n’a pas non plus précisé si cette utilisation avait été systématique. »

La désinformation se répand

A partir de là, les alliés du Royaume Uni, notamment au Quai d’Orsay en France et en Israël ont répandu la désinformation. Le 18 avril, selon le Canard Enchaîné du 24 avril, la Grande-Bretagne et la France ont demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’investiguer la possibilité d’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien.

Le mardi 23 avril, c’est le général Itaï Brun, chef du département de recherche et d’analyse de la division du renseignement de l’armée israélienne, qui, sur la base des informations britanniques, déclarait que « Assad utilisait des armes chimiques en Syrie », évoquant comme « preuve » du gaz sarin les effet physiques sur les yeux et les lèvres des corps à partir des photos prises sur place.

Le 25 avril, c’est fut la lettre au Congrès d’un conseiller de la Maison Blanche, Miguel Rodriguez, notant que « la communauté des renseignements américains [avait] conclu, avec un certain degré de certitude, que le régime syrien [avait] utilisé des armes chimiques à petite échelle », qui, brandie par un John McCain devenu un peu gâteux et par d’autres sénateurs, qui a mis les feux aux poudres. Pour mieux reculer par la suite cependant, résultat de luttes de faction à Washington.

Un haut responsable de la Maison Blanche qui a préféré garder l’anonymat, tenait plus tard une conférence de presse téléphonique, au cours de laquelle il a fait même allusion aux manipulations de l’information qui conduisirent à la deuxième guerre d’Irak : « Nous voulons poursuivre nos investigations au-delà de ces évaluations afin d’assembler les faits qui nous permettront d’établir un ensemble d’informations crédibles et confirmées pouvant éclairer nos choix politiques. (…) Etant donné nos précédents historiques avec des évaluations – notamment des évaluations à propos des armes à destruction massive – il est très important que nous puissions établir ceci avec certitude »

Empêcher une guerre mondiale

En cette heure grave, où ces forces d’Empire cherchent à nous entrainer une fois de plus dans une guerre qui aujourd’hui pourrait déclencher un conflit mondial de dimension potentiellement thermonucléaire, nous devons tout faire pour que la France ne soit pas de ce conflit.

Laurent Fabius est celui, qui au Quai d’Orsay, se trouve à la tête de ce mauvais remake de l’expédition militaire franco-anglaise lancée par Guy Mollet avec l’Angleterre contre l’Egypte de Nasser en 1956 ; de ce mauvais remake de l’expédition Franco-anglaise lancée par Nicolas Sarkozy contre Kadhafi qui se solde maintenant avec l’implosion de ce pays et sa prise de contrôle par des djihadistes ?

N’avons-nous pas appris les leçons de bombes qui ont détruit 80% de notre ambassade à Tripoli ? N’y-a-t-il en France, personne pour s’opposer à cette nouvelle guerre de destruction ?

Source : Solidarité & Progrès

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