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Belgique : Menacés, les chefs d’entreprises appellent Di Rupo à agir contre l’omnipuissance des banques

Le 17 décembre à 20:12

Alors que l’intention de couper les banques a été affirmée par le Premier ministre belge Elio di Rupo, les grandes banques, pour se défendre, ou intimider selon le point de vue, brandissent leur rôle essentiel dans le financement de l’économie réelle.

Aussi bien Frédéric Oudéa, pdg de la Société Générale en France, que Philip Dierckx, président de la Fédération belge du secteur financier (Febelfin) ont rejeté avec force une séparation bancaire stricte de type Glass-Steagall. Chacun a décrit avec lyrisme le rôle des banques dans l’octroi des crédits aux ménages et aux entreprises, et les résultats excellents qu’elles réalisent dans ce domaine. La Felbelfin avait d’ailleurs communiqué en mars 2012 les chiffres des crédits aux entreprises montrant une hausse des volumes et une baisse des refus aux demandes en 2011.

Pourtant, dans un document explosif, « Les sept péchés capitaux des banques », le député vert européen Philippe Lamberts, vient de démasquer ce mensonge. D’après son analyse, « les banques Deutsche Bank et BNP Paribas consacrent une large part de leurs activités à des opérations spéculatives ». Et il précise que « la part de leurs actifs financiers acquis en vue d’être vendus à court terme est en effet sensiblement plus grande que celle de leurs prêts. À l’autre extrémité se trouvent les banques Argenta, Triodos et Bank J. Van Breda, dont les activités sont essentiellement orientées vers le financement d’entreprises et de particuliers. Quant aux banques Crédit Agricole, ING, KBC, Belfius, et Axa Bank Europe, le graphique démontre qu’elles privilégient un modèle de gestion plus diversifié : bien que ces banques soient relativement ancrées dans l’économie réelle, une part non négligeable de leurs activités est orientée vers la spéculation financière ».

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source : Les 7 péchés capitaux des banques

Certains de nos dirigeants d’entreprises, en particulier ceux de nos PME, ne sont pas dupes non plus car confrontés à des banques qui, quand il s’agit d’investir dans l’économie réelle, affirment de « ne pas vouloir prendre des risques excessifs ». Pour sa part, Philippe Quertainmont, de la société Meplac, estime que l’assèchement du crédit est tel qu’une « destruction massive du tissu économique est à craindre ».

D’ailleurs, dans une lettre qu’il vient d’adresser au Premier ministre Elio Di Rupo, il lance un appel au gouvernement pour obliger les banques « à jouer leur rôle et [qu’il] propose un cadre légal qui permette un meilleur équilibre des forces en présence ».

Pour Quertainmont, les dirigeants de PME « se plaignent effectivement des restrictions de crédit qui entraînent une réduction d’activité (…), un gel des investissements et par voie de conséquence une diminution de l’emploi. La décision d’octroi ou de refus de crédit par les banques est totalement discrétionnaire et sans appel. Le pouvoir exorbitant des banques de par les dispositions de leurs conventions de crédit leur permet de dénoncer à tout moment, sans préavis, sans justification, les lignes de crédit octroyées et de réaliser les garanties obtenues non seulement au niveau de l’entreprise mais également au niveau des dirigeants. (…) L’Etat est intervenu pour éviter une crise majeure à leur niveau mais ne sont-elles pas occupées à se régénérer en détruisant le tissu économique que constituent les nombreuses PME du pays ? (…) La plupart des dirigeants que je connais se débattent courageusement.... ils désespèrent car ils réalisent que le pouvoir de stimuler l’économie ne relève plus du monde politique mais bien de celui des banques dont la puissance n’a cessé de croître au cours de ces dernières années. »

L’appel de cet entrepreneur à Di Rupo exprime l’étranglement dont est victime toute la population, sacrifiée pour maintenir coûte que coûte une finance devenue folle. Agir pour sortir de cette spirale infernale est toujours aussi urgent.

Dans sa lettre, Quertainmont ne fait pas de proposition particulière, mais il y un an déjà Olivier Marquet, directeur général de la Banque Triodos Belgique, et Koen Schoors, professeur d’économie à l’Université de Gand, rapportaient le fait que de nombreux entrepreneurs sont favorables au rétablissement du Glass-Steagall Act.

Elio Di Rupo va donc devoir tenir son engagement, de séparer strictement les banques de dépôt des banques d’affaires, mais il faut aussi s’attaquer aux dettes illégitimes, et créer un Conseil du crédit productif public. Grâce à cette nouvelle organisation du financement, nous lancerons alors une politique de grands travaux utiles et qualifiants, et de développement de l’éducation, des soins de santé et de la recherche scientifique.

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