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Belgique : le lobby bancaire hanté par la crainte d’une séparation bancaire

Le 17 octobre à 02:10

22 décembre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Un paragraphe du projet de déclaration de politique générale du 1er décembre 2011, qui spécifie les engagements (notamment en faveur d’une politique d’austérité suicidaire) des six partis participant à la nouvelle coalition au pouvoir en Belgique, mérite une attention particulière.

Il s’agit d’une des mesures envisagées par le nouveau gouvernement pour : « (2.4.3) Réformer et renforcer la régulation et la supervision financière », en particulier, « introduire, en concertation avec la Banque nationale de Belgique (BNB), un testament bancaire pour les établissements financiers. Le Gouvernement confiera à la BNB une mission d’étude quant à l’opportunité et à la faisabilité pratique et financière de l’introduction d’une distinction entre les banques de dépôts et les banques d’affaires et/ou l’introduction d’un retail ring-fence [clôturage des activités bancaires sous un même toit comme le préconise la Commission Vickers en Angleterre]. Cette étude analysera ce qui se fait dans l’eurozone et les autres pays européens et comportera également une analyse globale d’impact relative au secteur financier belge et à l’économie belge. Sur la base de cette étude, le Gouvernement adoptera aussi un cadre légal visant à encadrer la spéculation pour compte propre des établissements de crédit ayant une activité de dépôt. »

D’après la presse belge, il ne s’agissait pas que de paroles verbales et la BNB aurait reçu ordre d’entreprendre cette mission. Rien que l’idée qu’une instance aussi prestigieuse puisse sérieusement mettre une telle idée à l’étude a immédiatement provoqué la panique dans les milieux des banques d’affaires.

« Ce serait une mauvaise mesure. Cette approche n’est pas adaptée à la Belgique », a déclaré sans rougir Filip Dierckx, le président de la Fédération belge du secteur financier (Febelfin).

Selon ce lobby bancaire, un tel dispositif aurait des conséquences sur le financement des entreprises. Un tel système risquerait, menace-t-il, de créer une « muraille de Chine » entre l’offre de services aux entreprises et l’accès aux crédits. « Si le gouvernement craint que certaines activités ne soient trop volatiles, d’autres pistes sont envisageables. Bâle 3 a montré la voie. Pénalisons les activités de trading pour compte propre en demandant plus de fonds propres en contrepartie, et l’on verra ainsi certaines activités se réduire », avance Filip Dierckx. Dès le début, les banques ont agité Bâle 3 et la taxe bancaire comme subterfuge pour éviter ce qui s’impose : un retour intégral à la séparation imposée par Franklin Roosevelt en 1933 entre notamment les banques ordinaires d’épargne, de crédit et de dépôt, et les banques d’affaires hyperspéculatives qui nous ont conduit à l’abîme.

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