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Big Brother Obama se fait tirer la grande oreille

Le 20 août à 00:08

Jeudi 1er août 2013 - Un vote au Congrès le 25 juillet, une semaine avant la pause estivale, a bien montré que le vent est en train de tourner en faveur d’initiatives bipartisanes pour défendre la Constitution et les libertés civiques, ainsi que contre un exécutif surpuissant. Une proposition de loi qui mettrait fin à l’espionnage des Américains par la NSA, coprésentée par le démocrate John Conyers et le républicain Justin Amash, a failli être votée à douze voix près à la Chambre. Le plus remarquable, c’est qu’une majorité de démocrates, 111 sur 201, ont voté contre la Maison Blanche. Ils ont été rejoints par 94 républicains pour le vote final, à 205 contre 217. « Ce n’est que le début », a déclaré Conyers.

Des organisations de droits civiques y voyaient le plus important vote jamais réalisé contre le Patriot Act. Le New York Times, libéral, l’a qualifié de « bien plus serré que prévu », alors que le Washington Times, conservateur, a noté dans un éditorial que la NSA a menti pendant des années au Congrès et au peuple, et ce n’est que grâce à Edward Snowden que le public en est finalement informé.

Immédiatement après ce vote à la Chambre, le député démocrate Rush Holt a déposé une proposition de loi prévoyant l’abrogation du Patriot Act et des amendements FISA (la cour dédiée qui autorise en secret les demandes de surveillance). Elle rétablirait des critères uniformes pour justifier les demandes de surveillance, et interdirait au gouvernement fédéral de contraindre les entreprises de technologie à « faciliter l’espionnage par le gouvernement du public ». « La surveillance de masse des Américains sans fondement par la branche exécutive fait marcher notre conception de la liberté sur la tête. Ma législation restaurerait l’équilibre constitutionnel adéquat et assurerait que nos gens soient traités d’abord comme citoyens, pas comme suspects. »

Le 31 juillet, une audition ad hoc est prévue à la Chambre des représentants pour entendre les critiques des différents programmes de mégadonnées. Comme l’a précisé le représentant Alan Grayson au Guardian, le gouvernement et la communauté du renseignement ont eu largement l’occasion de donner leur point de vue, mais le Congrès a à peine entendu l’autre côté. Glenn Greenwald devrait participer à cette audition [celle-ci n’a finalement pas eu lieu - nde].

Que des démocrates rejoignent désormais des républicains dans ce type d’initiative ad hoc, en opposition aux politiques d’Etat policier de la Maison Blanche, est une autre indication du rejet du président Obama.

Source : Solidarité & Progrès

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