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En l’honneur de Gagarine : Vite ! Une nouvelle ambition spatiale !

Le 24 août à 10:08

5 avril 2011 (Nouvelle Solidarité) – Une grande exposition consacrée à Youri Gagarine, le cosmonaute russe qui fut le premier à faire une révolution complète autour de la Terre, a été ouverte hier au Palais de la Découverte, pour fêter le 50e anniversaire de ce voyage effectué le 12 avril 1961. Heureuse coïncidence, le Centre national d’études spatiales français fête aussi le 50e anniversaire de sa création.

Plusieurs centaines de personnes se sont massées dans la grande salle d’entrée pour suivre cette exposition organisée conjointement par Ria Novosti et accueillie par Universcience au Palais de la Découverte. Le coup d’envoi a été donné par un débat, sous la direction de Claudie Haigneré, présidente d’Universcience, qui rassemblait des spationautes français et russes, des responsables de grandes organisations spatiales telles que le CNES, l’Agence spatiale européenne (ESA) et Roskosmos pour la Russie, ainsi que l’ambassadeur de Russie et le directeur de Ria Novosti . Un film émouvant sur Youri Gagarine et la première aventure spatiale de l’homme a été projeté, soulignant les qualités et le courage personnel de Youri, qui ont fait que lorsqu’il a fallu choisir qui du groupe de six ayant participé à l’entraînement serait du premier voyage, il fut désigné sans exception par tous ses collaborateurs.

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L’ambition spatiale suscite un nouvel engouement : la salle du Palais de la découverte était bondée et des dizaines de spectateurs ont suivi la réunion debout !

Mais si l’ambiance était forte émotionnellement, les participants n’ont pas proposé une nouvelle odyssée spatiale à la hauteur du courage de Gagarine qui s’est lancé alors que, selon l’un des participants, les possibilités de ne pas revenir étaient de 30%. On était là pour commémorer un grand moment du passé, mais pas pour poursuivre son œuvre au-delà.

Le débat mené par Frédéric Castel, qui a posé quelques questions à rebrousse poil, a fait apparaître l’absence d’ambition actuelle des puissances qui pourtant ont été au cœur de l’aventure spatiale. Ainsi de cette question posée au responsable de Roskosmos, à savoir si le fait que nous soyons toujours avec la série des lanceurs Soyouz, comme à l’époque de Gagarine, ne pose pas un problème de renouvellement. Ou cette autre question posée à Jean Loup Chrétien, le spationaute français, à savoir si une certaine morosité ne s’est pas installée dans les programmes qui ne prévoient plus de vols habités. Ne se repose-t-on pas sur nos lauriers alors que les programmes chinois et indiens sont, eux, beaucoup plus ambitieux ?

Jean Loup Chrétien a reconnu que l’orbite basse est aujourd’hui parfaitement maîtrisée, et que les nouveaux défis sont la Lune et surtout Mars. Si nous avions poursuivi au rythme des premières années, a reconnu un autre participant, il y aurait aujourd’hui des bases permanentes sur la Lune. Jean Loup Chrétien compara la difficulté pour aller de la Lune à Mars à celle des « marins aventuriers du XVIIIe siècle, qui ont d’abord navigué sur les fleuves, puis ont décidé tout d’un coup de traverser l’Atlantique ». Quant au défi lancé par l’Inde et la Chine, un défi qui doit être pris non pas comme une guerre, mais comme une saine compétition, un responsable de l’ESA annonça que «  dans l’équipe de Mars500, qui simule un voyage vers la planète rouge depuis juillet dernier, il y a un Chinois, c’est la première fois dans une équipe internationale  ».

Ce fut au plus jeune des spationautes, Thomas Pesquet, recrue de 33 ans de l’Agence spatiale européenne, de lancer le défi : «  Maintenant, il est temps d’aller voir au-delà de l’orbite basse terrestre. A l’avenir, on veut aller sur la Lune et surtout vers Mars . »

A qui la faute de cet état des choses, notamment dans les pays occidentaux ? « Si nous sommes asservis, cher Brutus, la faute en est à nous et non à nos étoiles… », écrit Shakespeare dans Jules César . La faute, dans ce cas précis, en revient surtout aux dirigeants politiques qui ont succédé à de Gaulle et Kennedy, et qui ont embarqué leurs pays non pas vers les étoiles, mais vers une médiocrité qui tourne aujourd’hui clairement à la décadence. En France, on a cessé de prendre des risques, notait Michel Serres dans une entrevue avec le JDD du 3 avril, parlant des récents déboires du Japon. Bénéficiant d’un climat et d’une agriculture exceptionnels, la France « est à l’inverse des Japonais », et « comme on ne risque rien, on s’affole de tout » !

Cependant cela ne concerne pas tous les politiques, car Jacques Cheminade défend depuis longtemps, face à une élite politique qui préfère souvent regarder dans la profondeur de ses poches que vers les étoiles, un programme spatial qui pose la nécessité urgente de bases lunaires permanentes et de l’exploration de Mars. Cet esprit de « nouvelle frontière » est au centre de sa campagne présidentielle.


Cheminade 2012 : L’espace, engagement politique fondamental


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