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Guerre en Libye : Le Watergate d’Obama

Le 13 décembre à 06:12

17 juin 2011 (Nouvelle Solidarité) – Comme nous l’avions rapporté à plusieurs reprises ces dernières semaines sur Radio S&P, Barack Obama fait face à une révolte du Congrès pour violation du War Powers Act, loi selon laquelle le Président ne peut déclarer la guerre sans l’approbation des représentants du peuple.

Après l’adoption soudaine d’un amendement bipartisan le 13 juin à la Chambre, c’est une plainte en justice menée par le démocrate Dennis Kucinich qui vient remettre en question le sort de Barack Obama. Comme l’a souligné Lyndon LaRouche, depuis l’arrestation de DSK, les affaires du monde ont pris un tournant radical, l’inattendu devenant la règle, comme le montrent la fin des renflouements en Europe et aux Etats-Unis et la soudaine poussée pour le rétablissement de la loi Glass-Steagall de mise en faillite de Wall Street.

Le 15 juin, un groupe bi-partisan de 10 députés a déposé une plainte devant une cour fédérale contre Barack Obama, pour avoir jeté unilatéralement les Etats-Unis dans une guerre sans le consentement du Congrès requit par l’article premier de la Constitution, section 8, alinéa 11 ; et pour violation du War Powers Act (loi sur les pouvoirs de guerre). La procédure est menée par le démocrate de l’Ohio Dennis Kucinich, avec le soutien de ses collègues John Conyers, n°2 de la Commission judiciaire, et Michael Capuano, ainsi que sept républicains : Walter Jones, Roscoe Bartlett, Dan Burton, Howard Coble, John Duncan Jr, Timothy Johnson, et Ron Paul. Notons que parmi ces dix, quatre sont des signataires du projet de loi HR 1489 pour rétablir la loi Glass-Steagall : Conyers, Jones, Bartlett et... Kucinich, depuis... le 15 juin ! C’est d’autant plus fâcheux pour Obama qu’il s’oppose avec acharnement depuis 18 mois à cette loi de séparation entre banques d’affaire et banques de détail.

« Ca ne fait que commencer, mais les parallèles avec le Watergate sont très clairs », a souligné LaRouche hier. Le leader des démocrates rooseveltiens a d’ailleurs relevé l’ironie de la situation, puisque cette révolte bipartisane contre le Président arrive la même semaine que le 40e anniversaire de la publication par la presse des « Pentagon Papers », ces 7000 pages de documents secret-défense sur l’engagement militaire américain au Vietnam. « Les Pentagon Papers furent un des éléments précurseurs qui amena au Watergate, et Daniel Ellsberg  [*] a raison lorsqu’il dit que Nixon aurait été jaloux de l’apparente impunité dont semblait jouir jusque-là le président Obama, alors qu’il a violé la Constitution. Mais maintenant, nous avons cette action bipartisane au Congrès pour rétablir la loi constitutionnelle. Je pense que c’est le début de la fin pour la présidence Obama. »

Pris à froid, le plus frappant dans cette histoire est comment Obama a pu ignorer la loi à ce point-là. Même George Bush et Dick Cheney s’étaient conformés au War Powers Act et à la Constitution lorsqu’ils ont lancé sur la base de mensonges leurs guerres en Afghanistan et en Irak ! LaRouche avait prévenu le 11 avril 2009 que Barack Obama est atteint d’un syndrome narcissique aigü, similaire en tout points à l’empereur romain Néron, connu pour son mépris violent de tout ce qui s’opposait à ses visions, ce qui mena Rome à sa chute. La Maison Blanche a refusé tout examen législatif sous prétexte que l’engagement américain en Libyie est une « intervention humanitaire » ; elle savait bien qu’elle n’avait aucune chance au Congrès, où gronde la révolte des démocrates. Face aux voix dissidentes qui commençaient à se manifester mi-mai , alors que le délai de 60 jours ( prévu par le War Powers Act) pour une approbation parlementaire d’un engagement armé expirait, la Maison Blanche pensait pouvoir compter sur la résolution McCain-Kerry au Sénat pour contourner en silence cette loi. Mais l’intervention du sénateur républicain Richard Lugar (n°2 de la Commission des affaires étrangères) dans la presse le 5 juin, a si fermement mis cette question de constitutionnalité sur la table que McCain et Kerry ont immédiatement retiré leur résolution de soutien à l’opération en Libye. C’est ainsi que le 13 juin émergea une majorité à la Chambre (la précédente action avait été minoritaire) pour l’amendement Sherman interdisant le financement des opérations militaires en Libye.

[*] C’est Daniel Ellsberg qui communiqua clandestinement les Pentagon Papers au New York Times début 1971. Voir son interview sur CNN.

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