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Helga Zepp-LaRouche : Mettons fin à 4000 ans de règne du principe oligarchique !

Le 11 décembre à 03:12

Nous présentons ici des extraits de la webdiffusion du 11 février 2012 de Mme Helga Zepp-Larouche, présidente international de l’Institut Schiller. L’ensemble de son intervention est disponible en allemand et en anglais sur le site de notre parti frère allemand, le Büso.

Cette allocation s’adresse à ceux d’entre vous qui reconnaissent que la civilisation est menacée par un danger existentiel. En effet, il devrait être évident pour quiconque réfléchit un peu que la continuation de la politique actuelle risque de mener à l’extinction du genre humain. Je vous appelle donc à rejoindre notre mobilisation pour stopper ce danger.

Avant d’entrer dans ce sujet lourd d’implications, je vous demanderais d’écarter de votre esprit l’idée qu’« on n’y peut rien ». Les solutions peuvent être mises en œuvre à temps, mais cela demande un changement fondamental, dramatique, de l’ordre financier global, et un changement tout aussi dramatique de la façon de penser de la plupart des gens.

Nous nous trouvons devant deux crises immédiates. D’abord, il y a l’effondrement du système financier transatlantique, qui mène déjà au naufrage et à l’éclatement de l’euro, comme on le voit très clairement en Grèce. Car si la Grèce quitte la zone euro, et elle n’a pas d’autre choix, cela mènera à l’éclatement de l’euro et vraisemblablement de toute l’Union européenne.

Deuxièmement, nous avons le danger immédiat d’une guerre thermonucléaire, déclenchée à partir des événements autour de la Syrie et l’Iran, mais visant en réalité un changement de régime, voire même la désintégration de la Russie et de la Chine.

Évidemment, ce que je vous dis ici, vous ne le verrez pas dans les tabloïdes ni à la télévision. Mais je ne parle pas à la légère. J’essaie de présenter la réalité de la situation telle qu’elle est, car c’est seulement en la regardant de façon rationnelle que vous pourrez trouver les moyens pour y faire face. La cause de tout cela est la politique impériale, et plus précisément celle de l’Empire britannique. Alors, je sais que beaucoup vont rétorquer : « Quel Empire britannique ? Ça n’existe plus depuis belle lurette. »

Il faut comprendre que les conceptions impériales qui ont eu tendance à dominer en Europe, et même à l’échelle internationale, depuis près de 4000 ans, reviennent constamment dans de nouveaux habits. Cette fois-ci, leur nom est « mondialisation ».

J’entends par « Empire britannique » le système complexe de banques centrales, banques d’affaires, hedge funds et autres fonds d’investissements privés et sociétés d’assurance, ainsi que le secteur bancaire de l’ombre, qui dominent le monde. C’est ce système financier qui est à l’origine du changement de paradigme des derniers 40 à 45 ans, au cours desquels on s’est éloigné de la production de biens physiques, de l’économie réelle, pour s’orienter de plus en plus vers la spéculation, vers l’idée de gains financiers maximum.

Tant que l’Union soviétique existait, il y a eu certaines restrictions à la mondialisation. Mais avec la désintégration du pacte de Varsovie entre 1989 et 1991, on est arrivé à un tournant.

Pourtant, avec la fin du système communiste, la chance s’est présentée d’établir un nouvel ordre de paix pour le XXIe siècle. Il n’y avait plus d’ennemi et on aurait pu utiliser les ressources économiques et scientifiques mondiales pour résoudre les grandes tâches de l’humanité, à savoir vaincre la faim, développer le tiers-monde, accomplir les percées scientifiques conjointes afin de passer au stade suivant du développement humain.

Aux États-Unis, cependant, cette occasion n’a pas été saisie pour réaffirmer les principes de la Révolution américaine qui avaient fait de l’Amérique « un temple de la liberté ». Les néoconservateurs de l’administration de George Bush senior ont, au contraire, adopté la doctrine d’un « Nouveau siècle américain », pour s’ériger en un nouvel empire s’appuyant sur la « relation spéciale anglo-américaine ».

La nouvelle mouture de l’impérialisme

Pour ce qui est de notre mouvement international, celui de Lyndon LaRouche, nous avions proposé à l’époque le projet [de grands travaux de développement infrastructurel] d’un « Triangle productif », suivi plus tard par le « Pont terrestre eurasiatique », sur lequel aurait pu se fonder cet ordre de paix. Hélas, cette proposition a été rejetée au profit d’une stratégie de « changement de régime » à l’encontre de tous les pays refusant de se soumettre à cet empire. La première application de cette politique fut la première guerre du Golfe, en août 1990, l’Opération tempête du désert, dont le but explicite était de bombarder l’Irak jusqu’à le faire revenir à l’âge de pierre — et c’est exactement ce qui s’est passé.

Entre 1992 et 2000, pendant les deux mandats du président Clinton, cette politique a été interrompue. Mais elle resta à l’arrière-plan sous la forme de la stratégie dite de « rupture nette » (Clean Break), qui consistait à provoquer des « changements de régime » dans tous les pays considérés comme des ennemis d’Israël. C’était une réaction contre tous les efforts du président Clinton pour faire la paix au Moyen-Orient à travers les accords d’Oslo, adoptés par le gouvernement Yitzhak Rabin de l’époque. Cette politique de « rupture nette » fut pleinement réhabilitée par l’administration Bush-Cheney. Quant au gouvernement britannique, il ne l’a jamais abandonnée.

C’est alors que la présidence de George W. Bush junior lança la deuxième guerre d’Irak, fondée entièrement, comme on l’a appris depuis, sur des mensonges concoctés par le MI-5 et Tony Blair. [Le secrétaire d’Etat américain] Colin Powell, qui s’était appuyé sur ces mêmes mensonges dans son discours aux Nations unies pour obtenir faire approuver cette guerre, allait plus tard qualifier son action de « la pire erreur de sa vie ».

La même politique nous a conduits à la guerre contre la Libye et à l’assassinat de Kadhafi, que ces forces n’ont pas voulu traduire en justice, tellement elles étaient pressées de passer à la suite : la guerre contre la Syrie et l’Iran. Un procès aurait pris trop de temps, et puis Kadhafi aurait pu donner des détails bien gênants sur les relations qu’il avait entretenues auparavant avec ces nouveaux agresseurs.

L’offensive menée contre la Syrie et l’Iran n’a pratiquement rien à voir avec ces pays en tant que tels. Elle vise plutôt la Russie et la Chine. Lorsque vous entendez les accusations portées contre la Syrie et l’Iran, vous devriez avoir un sentiment de déjà vu. Ce sont les mêmes que nous avons entendues contre l’Irak. Le dernier rapport de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), prétendant que l’Iran pourrait disposer d’une bombe nucléaire d’ici un an et qu’elle aurait mis toutes ses installations hors de portée, sous terre, contredit totalement l’Evaluation du Renseignement américain (National Intelligence Estimate) d’octobre 2011 qui confirmait les conclusions de l’évaluation de 2007, à savoir que l’Iran avait arrêté son programme nucléaire militaire en 2003.

Comme beaucoup l’ont fait remarquer, les informations publiées par l’AIEA venaient uniquement de sources occidentales. L’ancien chef de l’Agence Hans Blix a, de son côté, souligné l’absence totale de nouveaux renseignements.

La guerre a déjà commencé

Cette guerre a déjà commencé. NBC News affirmait il y a quelques jours que le Mossad israélien entraîne des membres de l’OMPI iranien, les Moudjahiddines du peuple, organisation qui figure toujours sur la liste des groupes terroristes établie par le département d’Etat. Ils seraient formés pour exécuter des assassinats et des attentats sur le territoire iranien. Ceci a été confirmé par des responsables de l’administration Obama et repris dans une interview avec Mohammad-Javad Larijani, le frère du président du Parlement iranien, qui a dit sur NBC que les autorités iraniennes avaient capturé des membres de l’OMPI déterminés à assassiner des scientifiques du secteur nucléaire.

Souvenez-vous qu’au cours des deux dernières années, il y a eu plusieurs explosions dans les installations nucléaires en Iran et quatre scientifiques ont été assassinés, toujours suivant le même modus operandi.

Le ministère russe des Affaires étrangères s’est dit préoccupé par le fait que des forces spéciales britanniques et qataries seraient déployées sur le terrain en Syrie, informations confirmées ultérieurement par l’Institut des études orientales de l’Académie russe des sciences. En outre, des mercenaires qataris, britanniques et peut-être saoudiens sont sur place pour fournir des munitions en quantité aux rebelles de Homs.

Depuis la fin de l’année dernière, on assiste à une montée en puissance des forces militaires dans le Golfe, l’océan Indien et en Méditerranée orientale. Il y a deux porte-avions dans la région du Golfe et un troisième doit arriver en mars, en plus d’une myriade de frégates, destroyers et missiles de croisière. Chacun de ces porte-avions peut faire décoller des centaines d’avions de combat. Il y a au moins huit sous-marins de classe Ohio, chacun doté de 24 missiles Trident, dont chacun compte six à huit ogives nucléaires de 100 kilotonnes. Par conséquent, chaque sous-marin a une puissance destructrice 1476 fois plus grande que la bombe larguée sur Hiroshima. A cela s’ajoutent un certain nombre de bâtiments de guerre britanniques, israélien, canadien et français.

Examinons maintenant les forces en présence (Fig. 1). La puissance de feu totale amassée dans cette région est totalement disproportionnée par rapport aux motifs invoqués : aider les rebelles syriens ou dissuader Téhéran de poursuivre son programme nucléaire. L’objectif est visiblement autre. Le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta a évoqué la forte probabilité qu’Israël attaque l’Iran entre avril et juin, d’autres sources estiment que ce sera même avant, et une attaque contre Damas encore plus tôt.

Le gouvernement iranien, par la bouche de son ambassadeur aux Nations unies, a souligné le droit de son pays à se défendre, précisant qu’il en a les moyens.

En Israël, un débat fait rage depuis novembre, d’anciens chefs du Mossad, du Shin Beth et même de l’état-major avertissant que toute attaque de ce type plongerait la région dans le chaos pour les cent ans à venir.

Après avoir bien étudié la situation, avec l’aide de nombreux cercles bien informés dans le monde, j’en viens à conclure que la guerre contre l’Iran est déjà lancée. Et par la logique même de la situation, elle ne se limitera pas à cette région. Une fois lancée, le danger est grand qu’elle débouche sur une guerre thermonucléaire globale.

Dans ce contexte, le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov a déclaré qu’une attaque sur l’Iran déclencherait une réaction en chaîne qui déstabiliserait le monde entier, sans que personne sache où cela finira.

Pour ma part, je pense que c’est pire. La logique de cette guerre n’est pas simplement celle d’un échange limité de tirs nucléaires tactiques.

Qui flanchera le premier ?

Le danger, c’est que ceux qui planifient cette guerre décident de lancer par surprise tout l’arsenal de manière à devenir la seule puissance dominante. Tout expert militaire en Europe, tout analyste du Moyen-Orient sait, et l’admettra en privé, qu’une guerre contre l’Iran équivaudrait à une troisième guerre mondiale. On doit donc se demander s’il n’y a pas dans la stratégie actuelle de guerre occidentale une intention de vouloir gagner la guerre par un terrible bluff.

Ce serait un genre de chicken game thermonucléaire ; il y a des décennies, en Californie, certains écervelés s’adonnaient à un jeu où deux voitures foncent l’une sur l’autre à toute vitesse et le conducteur qui braque le premier, pour éviter le crash, est la « poule mouillée ». Se livrer à ce jeu avec des armes nucléaires, au point même de risquer l’extinction du genre humain, est le comble de la folie. Compte tenu du nombre de vaisseaux militaires, de missiles, etc., qui sont accumulés dans la région, combien de temps faudrait-il pour provoquer un accident ? Est-ce qu’on pourrait avoir un incident type Golfe de Tonkin en un rien de temps ?

Rétrospectivement, on peut dire que le président américain Truman n’avait aucune raison de lâcher les bombes sur Hiroshima et Nagasaki, parce que les Japonais étaient déjà sur le point de se rendre, des négociations étant en cours avec la participation du Vatican. Mais ces bombes ont été larguées afin de montrer qu’il existait désormais une arme si effroyable que personne ne serait tenté de l’utiliser. C’était un avertissement clair de la part de ceux qui pensaient que la Deuxième Guerre mondiale serait suivie d’une troisième. On pense à la célèbre déclaration de Bertrand Russell de 1946, lorsqu’il envisageait une guerre nucléaire préventive contre l’Union soviétique.

L’option en cours est un bluff. On dit : « Ok, capitulez ; sinon, nous déclencherons une guerre thermonucléaire. » Derrière, on trouve les forces de l’empire britannique. C’est très difficile à concevoir pour le citoyen lambda, mais il existe bel et bien des gens qui aimeraient réduire la population mondiale de ses 7 milliards actuels à seulement 1 milliard ! Le prince Philip d’Edimbourg, le mari de la Reine d’Angleterre, l’a dit à de nombreuses reprises.

Si vous regardez cette carte (Fig. 2), il est évident que nous ne parlons pas seulement de la Syrie et l’Iran, mais aussi de la Russie et de la Chine. Les dirigeants russes font savoir depuis longtemps que, pour eux, le système de défense antimissiles que l’OTAN a prévu d’installer, en Pologne, en Roumanie, en Turquie et en Espagne, s’intègre dans l’expansion de l’OTAN vers l’Est pour encercler la Russie. On sait que ces systèmes de défense anti-missiles peuvent être rapidement transformés en systèmes offensifs. Dès lors, les mêmes missiles pourraient atteindre Moscou en moins de trois minutes. Le chef d’état-major général russe, le général Makarov, a déclaré il y a quelques mois que ce système fait peser sur l’Europe le danger d’une guerre nucléaire échappant à tout contrôle.

Face à la décision du président Obama de poursuivre la politique de Bush et Cheney, le président Medvedev a récemment activé les systèmes radars de Kaliningrad. Et lorsque Obama a mis le Pacifique au centre de la stratégie des Etats-Unis, renforçant les bases américaines en Australie et aux Philippines, augmentant les effectifs et formant de nouvelles alliances militaires, la Chine en a conclu que cette stratégie visait en fait à l’encercler.

On voit désormais que la Russie et la Chine sont dans le collimateur de la politique de « changement de régime » de l’Empire. Le même réseau qui a monté les Révolutions orange et rose contre l’Ukraine et la Géorgie tente aujourd’hui une Révolution « blanche » ou « neige » à Moscou. C’est la clique du « Project Democracy  » (NED), du National Democratic Institute (NDI), de l’International Republican Institute (IRI), qui inclut aussi les opérations de George Soros. Le nouvel ambassadeur américain à Moscou, Michael McFaul, a toujours été au cœur de cette mouvance. Déployé par le NDI à Moscou depuis 1990, il se targue en privé d’être responsable de l’« orchestration » de la réélection de Boris Eltsine en 1996. En effet, ces réseaux du NDI ont manœuvré à l’époque pour faire réélire ce Président que la population russe détestait pour avoir bradé la Russie aux oligarques et à l’Occident. Ces groupes sont pleinement mobilisés depuis septembre 2011 pour crier à la fraude lors des élections parlementaires et présidentielles en Russie.

Quant à la Chine, lors de la récente conférence sur la Sécurité à Munich, la Wehrkunde, le sénateur John McCain a appelé à un « printemps arabe » à Pékin, dans une provocation évidente à l’égard du représentant chinois qui s’y trouvait.

Regardez cette carte (Fig. 3) : on y voit les pays qui ont été ou sont la cible d’un changement de régime depuis 1990. Cette politique est donc en place depuis longtemps, mais pour l’empire, il est désormais extrêmement urgent d’agir du fait que toute la région transatlantique est menacée d’implosion à cause de la crise financière.

Alors que l’Europe et les Etats-Unis s’effondrent, l’Asie connaît une croissance relative (la Chine à un taux de croissance de 8 à 10 %, l’Inde de 7 à 8 %). Cette croissance résulte de l’adoption d’une politique de développement à forte orientation scientifique et technologique, investissant dans des densités de flux énergétiques supérieures. Outre les technologies de la 4ème génération du nucléaire, la Russie compte, par exemple, construire une ville dans l’Arctique, baptisée Umka, pouvant abriter quelque 5000 habitants. Dotée de tous les équipements de recherche, elle sera autosuffisante en termes de production alimentaire et pourra servir de modèle pour une ville sur la Lune ou une station spatiale isolée. Le tout protégé par un dôme long de 1,5 km sur 800 mètres de large. La construction ne coûterait que 6 à 8 milliards de dollars, soit une bagatelle dans ce monde de renflouements bancaires. Poutine a d’ailleurs fait remarquer dans diverses interventions que le problème principal du monde est l’économie de bulles financières et qu’il préfère un système privilégiant la production dans l’économie réelle.

Les vols spatiaux habités sont aussi sur l’agenda de la Russie et de la Chine. Les dirigeants chinois ont annoncé qu’ils souhaitent que la Chine devienne la première puissance spatiale dans les premières décennies de ce siècle. Ils comptent aussi extraire de l’hélium-3 sur la Lune, qui sera très utile pour l’énergie de fusion thermonucléaire. Bref, on voit que l’Asie connaît une prospérité relative, tandis que dans le monde transatlantique, c’est le déclin.

Saisir la chance !

Disons les choses clairement, l’empire britannique, tel que je l’ai défini au début, préfèrerait lancer la Troisième Guerre mondiale plutôt que de laisser les pays asiatiques devenir les grandes puissances de la planète. Ceci en dépit du fait que l’euro s’est avéré un échec patent, comme le montre on ne peut plus clairement la Grèce, sur le point d’exploser. (…)

La situation est terrifiante, mais il existe un remède ! Nous devons prendre l’éclatement de l’euro comme une chance. L’effondrement du système communiste à partir de 1989 nous offrait une excellente occasion pour instaurer un nouvel ordre de paix dans le monde. Aujourd’hui, nous vivons un nouvel effondrement de système, et cette fois-ci, nous devons tirer les leçons de 1989, en évitant le piège qui consisterait à perpétuer un système en faillite.

Cela implique pour la Grèce le retour au drachme, et pour les autres pays européens à une monnaie nationale. Nous devons rétablir la souveraineté sur notre monnaie et notre économie et annuler tous les traités de l’UE, de celui de Maastricht à celui de Lisbonne, afin de rétablir un contrôle souverain sur nos nations en tant que républiques.

Cela ne veut pas dire que nous soyons « contre l’Europe », bien au contraire ! Nous sommes beaucoup plus pour l’Europe que les bureaucrates de Bruxelles, qui ne se soucient pas le moins du monde des populations, qu’elles soient grecque, allemande ou italienne. Nous devons revenir à une alliance des patries dans la tradition de de Gaulle, et suivre la voie que traça Franklin Roosevelt dans les années 1930 pour sortir l’Amérique de la grande dépression : mettre immédiatement en oeuvre un Glass-Steagall, annuler la dette fictive qui s’élève – en fait nul ne sait à combien, à cause du secteur bancaire de l’ombre, mais elle doit être de l’ordre de 1 500 000 milliards de dollars ou d’euros, qui est l’ampleur du marché des produits dérivés.

Ensuite, mettre en place un système de crédit inspiré de celui créé par Alexander Hamilton, le premier secrétaire au Trésor des Etats-Unis, permettant d’émettre du crédit productif public pour la production future, conformément aux principes scientifiques relevant de l’économie physique. Les investissements ainsi financés doivent pouvoir élever la densité de flux énergétique et passer à l’étape suivante de percées scientifiques et technologiques.

Comme lors du système de Bretton Woods, nous devons rétablir des taux de change fixes, et instaurer un système de crédit productif public entre les nations, permettant d’organiser une croissance physique pour les 50 à 100 prochaines années.

Rejeter le principe oligarchique

Pour en arriver là, il faut commencer par reconnaître que l’Europe est devenue, dans le cadre de l’Union économique et monétaire européenne, un empire oligarchique, et rejeter l’idée même du principe oligarchique. Le modèle oligarchique a été correctement analysé par Friedrich Schiller dans son essai De la législation de Lycurgue et de Solon. Il y décrit la façon dont Sparte était dirigée par une petite élite oligarchique, qui maintenait délibérément les masses dans l’arriération. Elle avait le droit pour ainsi dire de « gérer le troupeau » et, en cas de surpopulation, elle permettait aux jeunes de Sparte de tuer les hilotes ! Ce système doit être banni pour toujours.

Les gens n’en sont peut-être pas conscients, mais en réalité, depuis 4000 ans le monde a connu une succession de structures impériales oligarchiques. D’abord, avec l’empire perse. Lorsque la Grèce a vaincu cet empire, elle aurait pu transformer l’alliance maritime attique en une alliance entre partenaires égaux, mais elle a préféré devenir elle-même un empire. Ceci est décrit par Thucydide dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse.

Ont suivi l’Empire romain, l’empire byzantin, l’Empire du système bancaire vénitien avec les croisades, l’Empire des Habsbourg, et enfin l’empire britannique, qui existe depuis 1763 et dont la mondialisation fondée sur la relation spéciale anglo-américaine n’est que la dernière mouture.

Beaucoup protesteront en disant : « Quoi, l’Union européenne, un empire ? » (…). De toute évidence, il s’agit bien d’une dictature oligarchique, qui n’offre pas à l’individu la possibilité d’intervenir. Pourquoi les gouvernements de l’UE et du G20 n’ont-ils rien fait depuis l’éclatement de la crise financière en juillet 2007 ? Comment se fait-il que les chefs de gouvernement aient été réduits à de simples porte-paroles de cet ordre financier oligarchique ?

L’oligarchie, l’avenir nous le montrera, n’aura été qu’une aberration de l’évolution, une dysplasie.

Car le modèle oligarchique présuppose un univers qui n’existe pas. Il repose sur la validité présumée de la Deuxième loi de la thermodynamique. Il se base sur la propagande du Club de Rome pour qui il y a des limites à la croissance, le monde est un système fermé, avec des ressources finies, et nous sommes parvenus à un point d’équilibre ; c’est pourquoi tout accroissement démographique supplémentaire au sein de ce système fermé constitue la plus grave menace à l’élite au pouvoir et à ses privilèges.

Ces idées furent promues par l’ancien secrétaire d’état américain, Henry Kissinger dans son tristement célèbre mémorandum NSSM-200 de 1974. C’était aussi celles des nazis, avec leur recherche du Lebensraum – l’espace vital – dans le contexte d’une planète dont les ressources seraient finies. Tout ceci est au cœur même de la géopolitique britannique qui amena Halford Mackinder et Milner, au tournant du XXe siècle, à développer l’absurde doctrine selon laquelle celui qui contrôle la masse terrestre eurasiatique contrôlera le monde. C’est ce qui mena à la Première et à la Deuxième guerre mondiale et menace maintenant de mener à la Troisième.

Le modèle oligarchique est associé au monétarisme, à la croyance que l’argent a une valeur intrinsèque, à la recherche des gains financiers à court terme, à l’appauvrissement des masses.

L’argent ? Si la Réserve fédérale et la BCE continuent de faire marcher la planche à billets, il pourra bientôt se volatiliser et l’on pourra tapisser les murs avec des billets de 1000 milliards d’euros, comme ce fut le cas en Allemagne en 1923.

Le modèle oligarchique est également associé à l’environnementalisme, à ceux qui font passer les coléoptères avant les hommes. C’est lié à la Dame Nature, à l’idée de Gaïa, du retour cyclique et éternel du même. C’est un univers nietzschéen dans lequel seule la destruction peut faire naître quelque chose de positif ou de neuf, ou encore de Schumpeter, qui détermine actuellement la politique économique de l’UE. C’est la conservation, les ressources limitées, la nécessité d’épargner, de maintenir le monde en équilibre.

C’est une conception absurde, mais elle est propagée par les médias, les gouvernements, les promoteurs de la thèse du réchauffement climatique dû à l’homme et les hedge funds qui tirent de gros profits de cette imposture. C’est complètement délirant, parce que ce n’est pas l’univers dans lequel nous vivons. (…)

Nous pourrions à nouveau transformer l’Europe en une alliance de nations souveraines, de républiques souveraines. Pourquoi ne pas poursuivre tous ensemble, avec la Russie, la Chine, l’Inde, les Etats-Unis et d’autres, les objectifs communs de l’humanité ? Par exemple, la concrétisation du Pont terrestre eurasiatique, le développement de la région arctique comme nouvelle frontière de la science, la réalisation de NAWAPA (alliance nord-américaine pour l’aménagement de l’eau et l’énergie), la construction d’un tunnel sous le détroit de Béring, la réalisation de Transaqua pour revitaliser la région du lac Tchad et d’autres projets d’infrastructure pour l’Afrique, et bien sûr, l’exploration de l’espace ?

Pourquoi ne le faisons-nous pas ? N’est-ce pas plus attirant que de nous détruire dans une guerre nucléaire ?

Notre ami, le scientifique Krafft Ehricke a insisté sur un autre point que je voudrais soulever. Il disait que la science et le progrès technologique doivent toujours aller de pair avec la culture classique, avec l’éducation esthétique de l’homme. Telle ou telle découverte scientifique ou technologique, disait-il, n’est pas bonne ou mauvaise en soi. Cela dépend de l’usage que l’homme en fait, s’il œuvre pour le bien ou pour le mal. Et une personne ayant bénéficié d’une éducation esthétique, dans la tradition des classiques allemands, Schiller, Beethoven ou encore Dante et tant d’autres grands, n’utiliseront jamais une technologie à des fins nocives. Le problème n’est donc pas la science et la technologie, mais le manque de développement culturel des êtres humains.

Pour ma part, je suis convaincue que, bien que nous soyons confrontés à l’extinction possible de la civilisation, si nous agissons à temps, nous pourrons aussi enfanter une nouvelle ère de l’humanité, en bâtissant une véritable Renaissance, en laissant derrière nous l’oligarchisme, comme une maladie infantile qui ne reviendra jamais.

Pourquoi ne pas s’y engager ?

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