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Jeunes Belges en Syrie, c’est l’ingérence anglo-saoudienne imbécile !

Le 21 août à 11:08

Jeudi 25 avril 2013 - Le parquet fédéral enquête depuis un an sur le groupe Sharia4Belgium, afin de déterminer s’il s’agit d’une organisation terroriste et quel est son rôle dans le recrutement, l’entraînement et l’envoi de personnes vers la Syrie auprès des combattants les plus extrémistes du conflit. La vaste opération de police dans 5 villes du pays, avec 48 perquisitions et 6 interpellations, dont celle de Fouad Belkacem, déjà condamné à plusieurs reprises pour incitation à la violence, agression et trafic de drogue, devra permettre de faire progresser l’enquête.

Selon le porte-parole du parquet Éric Van der Sypt, Sharia4Belgium fait partie d’un mouvement djihadiste international plus large, dont l’idéologie vise à renverser les États en place afin d’y installer des États islamiques appliquant la Charia. Des membres de ce groupe sont déjà partis en Syrie et « ils auraient rejoint des groupes de combattants aux idées salafistes djihadistes inspirées par al-Qaïda et participeraient à des combats et même à l’enlèvement et à l’exécution de ce qu’ils appellent les mécréants  ».

La piste d’al-Qaïda en Syrie…

La menace du retour de ces jeunes aguerris aux actions terroristes, ou même d’attaque en réponse à l’arrestation de Belkacem, doit être prise au sérieux par l’ensemble des institutions belges et nécessite une coopération internationale. Mais alors la politique étrangère de la Belgique doit être absolument claire et cohérente avec cette intention. Comment combattre le terrorisme salafiste et wahhabite en Belgique, ou au Mali, tout en fermant les yeux sur l’importance de ce mouvement dans le violent conflit sectaire qui sévit en Syrie  ?

Même les rebelles syriens, qui, lorsque le département d’Etat américain avait classé le Front al-Nosra parmi les organisations terroristes, avaient déclaré en cœur « Nous sommes tous al-Nosra  !  », se retrouvent maintenant embarrassés par l’allégeance officielle de ce groupe à al-Qaïda. Dans un communiqué, le Front islamique syrien a déclaré  : « Nous défendons les principes de l’Islam, à savoir l’Etat islamique, le combat au nom de Dieu et de son prophète Mahomet, la Charia (loi islamique) mais il faut éviter toute référence à certains noms qui suscitent une vive réaction du monde contre le peuple de Syrie.  » Mêmes idées, mêmes combats, mais chut  ! Il ne faut pas le dire trop fort…

L’appel de l’État syrien au Conseil de sécurité de l’ONU, à sanctionner al-Nosra, le groupe le plus meurtrier et influent parmi les rebelles, ainsi que ceux qui les financent, est parfaitement légitime et doit être appuyé par la Belgique. La seule résolution viable à ce conflit passe par l’arrêt de toute violence à l’intérieur de la Syrie et de toute ingérence depuis l’extérieur  ; c’est au peuple syrien de déterminer son avenir.

…passe par la péninsule arabique…

Le faux débat en Europe sur les bons et les mauvais rebelles, ne préoccupe pas particulièrement les régimes islamiques d’Arabie Saoudite et du Qatar, pas plus que la question de la solution démocratique. C’est depuis déjà deux ans qu’ils livrent massivement des armes à la rébellion, qui bénéficie aussi d’équipements « non-létaux  » fournis par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Que ces monarchies favorisent ceux qui partagent leur idéologie wahhabite ou salafiste ne fait aucun doute.

Déjà lors de la guerre en Libye, le Qatar et les Émirats arabes unis avaient approvisionné en armes la rébellion [1], et là aussi, on retrouve de nombreux groupes terroristes. Par exemple Ansar al-Sharia, une autre filiale d’al-Qaïda, qui est responsable de l’attaque le 11 septembre 2012 contre le consulat américain à Benghazi, durant laquelle l’ambassadeur Stevens et trois diplomates furent assassinés.

…puis nous mène à Londres

Enquêter sur le terrorisme islamiste international sans s’intéresser au « Londonistan  », c’est comme regarder le doigt du sage qui désigne la Lune. Déjà dans les années 1990, de nombreux pays (France, Russie, Egypte, Libye, Iran…) avaient officiellement protesté auprès du Foreign Office britannique concernant l’hébergement d’organisations terroristes. La France insista pendant 10 ans pour qu’enfin le Royaume-Uni extrade Rachid Ramda, responsable de la vague d’attentats à Paris en 1995.

N’oublions pas non plus qu’al-Qaïda a ses origines dans les opérations menées en Afghanistan dans les années 1980 par les services de renseignement anglo-saxons et saoudiens, contre l’Union soviétique. Après sa chute, pendant que les rapaces financiers dépeçaient son économie, des milliers de combattants de toutes origines, avec l’expérience d’un long conflit militaire, s’éparpillaient en Asie du sud-ouest et en Afrique, y apportant leur terreur.

Pour financer de telles opérations, il y a bien sûr le trafic de drogue, dont le blanchiment est toujours une vieille tradition de la City de Londres. Ou encore les accords al-Yamamah, pétrole contre armement, entre le Royaume-Uni et l’Arabie Saoudite, initiés en 1985 par Margaret Thatcher et le Prince Bandar Ben Sultan, qui permettent de dégager de vastes fonds occultes.

Cette alliance, paradoxale à première vue, entre « infidèles  » et « djihadistes  », doit être comprise dans le cadre de la stratégie globale de déstabilisation et de chaos de l’Empire anglo-saoudien. La coïncidence avec la désintégration économique que nous connaissons n’est pas fortuite. Pas plus que la déclaration de Tony Blair, l’homme derrière la guerre en Irak, qui nous annonce une génération de guerre permanente contre al-Qaïda.

Il est à espérer que la réaction courageuse de la Belgique marque le début d’une prise de conscience plus général du danger mortel que représente l’Empire britannique pour nos pays.

Pour approfondir le sujet, nous vous recommandons ces deux dossiers :

• Etude stratégique  : Pourquoi l’Empire anglo-saoudien nous conduit à une guerre mondiale
• Terrorisme islamiste  : les djihadistes de l’Empire britannique
 

[1] Selon le rapport final du panel d’experts de l’ONU remis le 15 avril au Conseil de sécurité, le Qatar et les Émirats arabes unis ont violé l’embargo sur les armes en fournissant des armes et des munitions à l’opposition libyenne. De plus « la plupart des stocks libyens restent sous le contrôle d’acteurs non-étatiques. Dans les 12 derniers mois, la prolifération d’armes en Libye a continué à un rythme inquiétant et s’est étendue dans de nouveaux territoires. Des cas de transferts illicites depuis la Libye, aussi bien prouvés qu’en cours d’enquête, incluent des trafics par terre et par mer vers plus de 12 pays. »

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