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L’Argentine refuse de céder à la tentative d’extorsion des rapaces de la finance

Le 23 octobre à 11:10

Mercredi 25 juin - La Cour suprême des Etats-Unis a refusé le 16 juin d’examiner l’appel de l’Argentine contre sa condamnation, par une cour inférieure de l’Etat de New York, à rembourser 1,3 milliard de dollars aux « fonds vautours » (vulture funds) NML Capital et Aurelius Capital, en dépit du fait que ce paiement risque de provoquer un défaut de paiement sur l’ensemble de la dette souveraine. Ces deux fonds comptent parmi ceux qui avaient racheté pour une bouchée de pain la dette argentine au lendemain de sa cessation de paiement en 2001, dans l’espoir de réaliser des profits ultérieurs monstrueux.

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Crédit : fotopedia.com

Contrairement à 93 % des créanciers de l’Argentine, ces fonds ont refusé de participer aux plans de restructuration de la dette en 2005 et 2010. [1] NML, par exemple, a acheté 48,7 millions de dollars de titres en défaut, mais la justice américaine a condamné l’Argentine à lui rembourser 832 millions de dollars ! Non content de cette décision déjà scandaleuse, NML, qui appartient au milliardaire républicain Paul Singer, prétend que l’Argentine lui doit 2,7 milliards de dollars supplémentaires ! Le rapace a exigé que Chevron Corp., une compagnie pétrolière américaine travaillant en collaboration avec la société nationale des pétroles YPF en Argentine, lui communique certaines informations lui permettant de localiser les avoirs d’YPF. NML a entrepris la même démarche auprès d’ExxonMobil, Dow Chemical et Apache Corp.

Ainsi, les rapaces de la finance se rabattent sur la justice américaine pour pouvoir saisir des actifs argentins aux Etats-Unis en guise de paiement, tout en demandant la collaboration d’entreprises américaines faisant affaire avec l’Argentine.

La présidente Cristina Fernandez de Kirchner avait pour sa part déclaré dans un discours télévisé, le jour même où la Cour suprême annonçait sa décision, qu’« aucun président d’une nation souveraine ne peut soumettre son pays et son peuple à l’extorsion ».

Cette décision ne l’a pas surprise : « Je m’y attendais (…) parce qu’il ne s’agit pas d’un problème économique ou financier, ni même juridique. » La Cour suprême a défendu « une forme de domination globale des produits financiers dérivés qui entend mettre les nations à genoux ». Si ce modèle économique international continue à sévir, a-t-elle prévenu, des « tragédies inimaginables se produiront ». ce modèle est alimenté par « le sang, la faim et l’exclusion de millions de jeunes dans le monde qui sont sans emploi, sans accès à l’éducation ».

Son gouvernement a renégocié sa dette de façon responsable, a remboursé ses créanciers et continuera à le faire, mais il ne cédera pas aux fonds vautours a-t-il prévenu. Ces fonds sont domiciliés dans des paradis fiscaux, avait-t-il fait remarquer à une autre occasion.

Le lendemain, le ministre des Finances argentin Axel Kiciloff a annoncé l’intention du gouvernement de soustraire à la compétence américaine les versements aux détenteurs d’obligations ayant participé à la restructuration de la dette en 2005 et en 2010. Le processus sera transféré à Buenos Aires, où les versements se poursuivront dans les mêmes conditions, avec les mêmes montants et les mêmes devises.

Entre-temps, le gouvernement cherche d’autres options pour poursuivre son développement économique. Depuis des années, Cristina Fernandez a développé des relations économiques, scientifiques et commerciales à la fois avec la Russie et la Chine, ainsi qu’avec les autres pays des BRICS. Ils se sont avérés des partenaires plus fiables que les Etats-Unis ou l’Europe de l’Ouest. A l’invitation personnelle de Vladimir Poutine, Fernandez assistera au sommet des BRICS le 15 juillet à Fortaleza, au Brésil, et accueillera ensuite le président chinois en Argentine pour une visite d’Etat.

L’économiste américain Lyndon LaRouche a fait remarquer hier de son côté que les attaques des rapaces de la finance contre l’Argentine sont une preuve que la politique de renflouement interne (bail-in) exigée par les britanniques entre désormais dans sa phase active. Wall Street est sur le point de faire faillite, et l’Argentine ne doit en aucun cas capituler.

Dans sa déclaration d’hier, Jacques Cheminade a prononcé son soutien à l’Argentine contre cette attaque des fonds vautours :

« Je soutiens le combat de Cristina Kirchner, en espérant qu’il devienne essentiel pour que tombe l’oligarchie criminelle de la City et de Wall Street. La France doit choisir son camp. »

Source : Solidarité & Progrès

[1] Si les 1,3 milliard de dollars accordés à ces deux fonds étaient étendus proportionnellement aux 7 % des détenteurs ayant refusé les plans de restructuration, l’Argentine se verrait obligée de verser un total de 15 milliards de dollars. Les autres créditeurs (les 93% restant) pourraient alors exiger une renégociation de la dette, qui passerait ainsi à 95 milliards de dollars. Soulignons que la Banque centrale argentine ne dispose à l’heure actuelle que de 28,5 milliards en devises américaines.

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