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La France punie pour son refus de s’aligner contre la Russie ?

Le 29 juin à 07:06

Mercredi 14 janvier 2015 - Venant renforcer les inquiétudes de François Hollande et plusieurs autres dirigeants européens sur le danger d’une escalade des tensions avec la Russie, l’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, qui était considéré jusqu’à présent plus comme un allié des factions financières occidentales qu’un patriote russe, a averti lors d’une interview avec le Spiegel du 9 janvier que l’affrontement entre les Etats-Unis et son pays à propos de l’Ukraine risquait de devenir hors contrôle :

« Une telle guerre aujourd’hui mènerait inévitablement à une guerre nucléaire. Dans cette ambiance échauffée, si quelqu’un perd les nerfs, nous ne survivrons pas à l’année à venir, a-t-il déclaré. Je ne le dis pas à la légère. Cela me préoccupe vraiment au plus haut point. »

Gorbatchev a déploré le « manque de confiance catastrophique » entre la Russie et l’Occident, tout en appelant au « dégivrage » des relations. Il a accusé l’Occident d’avoir détruit la structure de la sécurité européenne en élargissant l’OTAN vers l’Est, et vivement critiqué la politique d’Angela Merkel dans la crise actuelle : « L’Allemagne a déjà tenté pendant la Deuxième guerre mondiale d’étendre sa sphère d’influence vers l’Est. A-t-elle besoin d’une leçon de plus ? » Il a enfin qualifié les sanctions contre la Russie de « stupides et très dangereuses ».

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Le Vladivostok, un des deux Mistral, en attente de livraison aux chantiers de Saint-Nazaire.
Crédit : Fabien Ramel - S&P

Rappelons que dans les jours précédant les attentats de Paris, le président François Hollande avaient clairement exprimé sa volonté de mettre fin aux sanctions et de se démarquer de la politique anglo-américaine d’affrontement à tout prix avec la Russie. Hollande avait en effet déclaré dans un entretien du 5 janvier sur France Inter qu’il « faudrait lever les sanctions si des progrès avaient lieu ».

Contrairement à la chancelière allemande Angela Merkel, le vice-chancelier Sigmar Gabriel avait affirmé lui aussi le même jour que

« l’objectif n’a jamais été de pousser la Russie vers le chaos politique et économique. Quiconque le souhaite risque de provoquer une situation bien plus dangereuse pour tout le monde en Europe. »

Une orientation que semble partager le gouvernement italien ainsi que Federica Mogherini, l’ancienne ministre italienne des Affaires étrangères, devenue depuis le 1er novembre Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Plusieurs analystes, à l’échelle internationale, dont un journaliste thaïlandais reconnu, ont fait le lien entre les attentats et le non-alignement français. Thanong Khanthong a écrit le 9 janvier dans le quotidien en langue anglaise The Nation que la « France est sage dans sa volonté de chercher à mettre fin aux sanctions contre la Russie ». L’auteur se demande :

« Est-ce que la France n’est pas en train de payer le prix de sa politique d’intermédiation pour résoudre la crise entre les États-Unis et l’Europe d’un côté et la Russie de l’autre ? »

Il rappelle ensuite que la France a fait l’objet de fortes pressions pour suspendre la livraison des deux frégates à la Russie, pour se mettre en conformité avec les sanctions occidentales, après avoir vu l’une de ses principales banques, BNP Paribas, se faire infliger par la justice américaine une forte amende pour avoir fait des transactions avec l’Iran, le Soudan et Cuba, des pays se trouvant sur la liste noire des États-Unis. Le décès du PDG de Total, Christophe de Margerie, un ami de la Russie, au moment du décollage de son avion à l’aéroport Vnoukovo de Moscou en novembre dernier, après sa rencontre avec le premier Ministre russe Dimitri Medvedev, est également évoqué par Thanong qui conclut :

« Les actes de terrorisme à Paris mercredi dernier font partie d’une chaîne d’événements apparemment sans liens qui ont durement frappé la France, à un moment où elle cherche à devenir une voix de raison en Europe. Les pays devraient suivre la France dans sa tentative de faire baisser les tensions entre l’Ouest et la Russie et empêcher qu’elles ne conduisent à des circonstances désastreuses. »

Voir l’avertissement prémonitoire de Jacques Cheminade, le 23 décembre :

Source : Solidarité & Progrès

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