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La Repubblica : « Le tunnel sous le détroit de Béring : un rêve de Mendeleyev, Lincoln, LaRouche »

Le 13 décembre à 00:12

Le 13 mars 2012 (Nouvelle Solidarité) – « La véritable fin de la Guerre froide, la pierre tombale sur le conflit entre les deux blocs, la chute du mur économique et idéologique qui divise encore le monde globalisé, est un tunnel sous la mer de 150 km de longueur. Le grand rêve nourri par le scientifique russe Mendeleïev [auteur du célèbre tableau périodique des éléments], suggéré par le seizième président des Etats-Unis, Abraham Lincoln, et repris au bout du compte par l’économiste américain Lyndon LaRouche en 1987, va devenir réalité. »

Ceci est l’introduction en première page d’un article de fond publié le 11 avril dans la section Histoire du quotidien italien La Repubblica sous le titre « Le tunnel USA-Russie mettra fin à la Guerre froide ».

Son auteur Daniele Mastrogiacomo se réfère à la conférence de presse du président des chemins de fer russes Vladimir Iakounine du 7 avril dernier :

« Un fonctionnaire laconique, élevé dans le système rigide des écoles soviétiques, le président de la société russe des chemins de fer Vladimir Iakounine a annoncé que le projet d’ingénierie le plus extraordinaire de tous les temps commencera d’ici deux ans. Nous devrons ensuite attendre jusqu’en 2030, mais ceux qui ont de la chance, de l’argent et du temps auront la possibilité de profiter du privilège de traverser à sec les frontières entre deux continents qui ont été jusqu’à maintenant des adversaires hostiles, et séparés par 3,9 km [sic 85 km] d’eau arctique glaciale.

« Le projet est baptisé ’Wordlink’ : un réseau de lignes ferroviaires en partance d’Istanbul, se réunissant à Varsovie et puis, le long de la ligne transsibérienne, atteignant l’extrémité de la Sibérie. Dans le petit village de Uelen, la ligne plonge ensuite 50 mètres sous terre pour traverser le détroit de Béring, et émerge de l’autre côté à Cape Prince of Wales en Alaska.

« La Fédération de Russie et les Etats-Unis d’Amérique seront unis physiquement par un tunnel sous-marin deux fois plus long que le tunnel sous la Manche reliant l’Angleterre à la France. A l’intérieur du tunnel, d’un diamètre de 100 mètres, il y aura une ligne ferroviaire à grande vitesse, une route à deux voix pour les voitures et les camions, des câbles pour le transport d’électricité, des câbles en fibre optique pour les communications. Et surtout, un pipeline pour transporter le pétrole sibérien et un gazoduc capable de fournir 48 états américains.

« C’est toutefois par le commerce que le mega-consortium de sociétés impliquées dans le projet prévoit engranger le plus de revenus. Des techniciens sont déjà au travail et ont compilé certaines estimations. Le volume de fret par route et par rail devrait être de 100 millions de tonnes par an. Plus de bateaux ou d’avions. Plus de dépendance vis-à-vis des conditions climatiques. Quelque 4000 des 6000 km prévus devraient être construits en territoire russe, 2000 en Alaska, en territoire américain. Le coût est stratosphérique : $65 milliards.
 [1]

« Mais ce projet réellement futuriste, déjà sur les cartes géographiques du ministère de l’Infrastructure à Moscou, a provoqué l’enthousiasme dans 34 pays, en premier lieu la Chine. De manière symbolique, la Fédération de Russie sera jointe à cette pièce de terre glacée que le Tsar Alexandre II avait vendu aux Etats-Unis pour $7,2 milliards, soit $5 le km carré.

« La bande d’asphalte et d’acier s’étendra à travers les deux continents, la plus longue du monde. Pour les promoteurs de cette œuvre titanesque, il s’agit de la Nouvelle route de la soie, une ligne de commerce, de voyage et de connections contournant les régions turbulentes d’Asie centrale et surmontant, par la route arctique, les obstacles placés par la nature. Quinze mille kilomètres pour couvrir de manière presque ininterrompue, libre de frontières, au moins de barrières tarifaires, capables de développer des régions isolées et assiégées par le froid et la misère, situées si loin des centres de pulsion d’activité économique et de développement.

« La projet a été étudié depuis plus de 150 ans, marqués par des impulsions soudaines et des interruptions forcées. La crise financière globale, le besoin de raviver le commerce pour relancer l’économie mondiale, le besoin désespéré de matières premières ont toutefois percé une brèche dans les anciennes rivalités. Vladimir Iakounine, le président de la société des chemins de fer russes, l’a souvent répété lors de la conférence de presse annonçant les débuts du projet. Se tournant vers les journalistes et ennuyé par leurs questions remplies de scepticisme : ’Je n’ai pas l’habitude de parler sans réfléchir’, a-t-il répliqué. ’Nous avons obtenu le feu vert.’ Oui, cela prendra du temps. Les plus optimistes parlent de 15 ans. Mais l’attente sera récompensée – à défaut de nouvelles guerres froides et de nouveaux murs. »

Source : Solidarité et Progrès

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[1] Ce qui n’est rien comparé aux sommes englouties pour renflouer l’activité spéculative des banques, ndt.

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