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La faute à Poutine !

Le 26 février à 20:02

Par Christine Bierre

Lundi 19 décembre 2016 - N’en déplaise aux pisse-vinaigre de l’administration Obama, Hillary Clinton et autres mauvais perdants de la présidentielle des États-Unis, la plupart des agences de renseignement et de police américaines ne semblent pas prêtes à emboîter le pas à la CIA, qui veut voir la main de la Russie derrière la défaite de Clinton et l’ombre de Vladimir Poutine derrière chaque mauvaise nouvelle qui arrive aux États-Unis.

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James Clapper, le directeur du Renseignement national des États-Unis (ODNI) qui veille sur 17 agences de la communauté de renseignements, estime qu’il n’y a aucune preuve indiquant la volonté de la Russie de venir en aide à Trump. Trois responsables en ont parlé à l’agence Reuters. L’un d’entre eux a déclaré :

« L’ODNI ne dit pas que l’Agence [CIA] a tort, mais seulement qu’elle ne peut pas prouver l’intention. »

Un autre agent de l’ODNI a rajouté :

« Un jugement fondé sur le fait que les entités russes ont hacké les Démocrates et les Républicains, mais qu’elles n’ont fuité que les informations concernant les Démocrates, est un jugement analytique basé sur peu de choses. »

Même Mike Rogers, le directeur des très grandes oreilles des États-Unis, la NSA, déclarait au Forum de sécurité internationale de Halifax, le 11 décembre, que la publication des courriels hackés n’avait pas affecté l’élection présidentielle de 2016. Le journal de Washington, The Hill, rapportait en citant Rogers :

« Je ne crois pas, en fin de compte, que le document hacké du DNC (Comité national démocrate) ait eu l’effet escompté. »

Le chef du Département de la Sécurité intérieure, Jeh Johnson, a déclaré au Washington Post le 13 décembre que les autorités américaines :

« N’ont pas vu quoi que ce soit qui ait pu altérer le dépouillement des bulletins de vote ou affaiblir la capacité de rapporter les résultats électoraux – rien en dehors de l’ordinaire – nous ne voyons aucune preuve que le hacking par un acteur quelconque ait pu altérer le dépouillement des bulletins de vote ou que des cyber-actions aient pu empêcher les gens de voter. »

Enfin, même un ennemi historique de la Russie comme le FBI, ne croit pas, selon CNN, qu’il y ait eu hackage par les Russes des sites de grands partis américains.

Le VIPS rappelle la CIA à la raison ...

Le 13 décembre, c’est le groupe des Vétérans du renseignement pour la santé mentale (VIPS) qui a publié un mémorandum s’insurgeant contre ces supercheries.

Mettant de l’avant « leurs décennies d’expérience en la matière », ils concluent que c’est un jeu d’enfants d’écarter ces accusations. La diffusion de ces informations, disent-ils, résulte de « fuites » et non de « hackages ».

Ces fins limiers nous explique la différence entre ces deux termes :

« Une fuite, c’est lorsque quelqu’un prend une information d’une organisation pour la donner à une autre personne ou organisation, comme Edward Snowden et Chelsea Manning l’ont fait. Le hacking, c’est lorsque quelqu’un pénètre électroniquement des systèmes, des pare-feux ou d’autres systèmes cyber-protecteurs, pour extraire une information, à partir d’une destination lointaine. »

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Nouvelle Solidarité N° 09/2014 - s’abonner.

Grâce aux publications de Snowden, le VIPS « peut fournir une vision complète du vaste réseau de collectes d’information de la NSA... qui inclut au moins trente compagnies américaines opérant sur des réseaux de fibres pouvant emprunter le réseau téléphonique commuté ou le Web mondial. Ceci donne à la NSA un accès incomparable aux informations qui circulent au sein des États-Unis mais aussi vers le reste du monde, ainsi que sur tout le data qui transite aux États-Unis. »

« En d’autres termes, toute information qui passe par les serveurs du DNC ou de Hillary Rodhma Clinton – ou de tout autre serveur aux États-Unis – est collecté par la NSA. Ces transferts d’informations sont divisés en petits segments appelés “paquets”, qui permettent à chaque transfert d’être suivi à travers le réseau (…).

« Un numéro d’identification est assigné à chaque paquet, qui constitue un message permettant à la partie qui réceptionne de les rassembler. De plus, chaque paquet porte le numéro de protocole internet de l’expéditeur comme du récepteur (soit IPV4 ou IPV6), qui permet au réseau de router l’information. Lorsque ces petits paquets quittent les États-Unis, les autres pays de ‘Cinq Yeux’ (Royaume-Uni, Canada, Australie et Nouvelle Zélande) et les sept ou huit autres qui participent avec les États-Unis à la collecte de tout ce qui vient de la planète, peuvent aussi retracer où sont allés les paquets de courriels après avoir quitté les États-Unis.

« Cette collection de ressources est très étendue ; elle inclut des centaines de programmes permettant de tracer la route des paquets à travers le réseau et des dizaines de milliers de matériels et de logiciels implantés dans les interrupteurs et les serveurs qui gèrent le réseau. La vérité est que la NSA saurait où et comment des courriels hackés du DNC ou du HRC, ou d’autres serveurs, ont été routés à travers le réseau... »
.

Ces spécialistes en concluent que :

« Étant donné la capacité très étendue de la NSA à retracer les courriels, (...) les serveurs du DNC et du HRC (...) n’ont pas été hackés ». De plus, « la CIA étant presque entièrement dépendante de la NSA pour obtenir des données dans le domaine des communications, il est inconcevable que la NSA soit incapable d’identifier quiconque – Russes ou autres – tenterait d’interférer par hackage dans une élection américaine. »

Comité directeur du VIPS : William Binney, ancien directeur technique de la NSA, co-fondateur du SIGINT ; Mike Gravel, ancien agent du Corps de contre-espionnage et ancien sénateur des États-Unis ; Larry Johnson, ancien officier de la CIA et responsable du contre-terrorisme au département d’État ; Ray McGovern, ancien militaire (infanterie et renseignements), ancien analyste à la CIA ; Elizabeth Murray, adjointe à l’Officier du renseignement national en charge du Moyen-Orient à la CIA ; Kirk Wiebe, ancien SIGINT NSA.

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