FRNL
   
  • 55€
  • 1010€
  • 2020€
  • 5050€
  • 100100€
  • 500500€
   

« Là où croît le danger, croit aussi ce qui sauve » Première assemblée générale d’Agora Erasmus

Le 21 octobre à 23:10

Le 29 septembre, après un an d’existence officielle, le mouvement politique associé aux idées de Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade en Belgique, constitué sous l’étiquette Asbl Agora Erasmus, a tenu sa première assemblée générale. C’était le moment idéal pour offrir aux militants une journée de formation et de débats sur les alternatives politiques et économiques que nous proposons pour faire face à la crise.

Si le bilan des activités militantes est respectable, avec la mise en place du site internet et des interventions aux quatre coins du pays, sa densité doit croître si nous voulons que les alternatives vitales que nous sommes les seuls à proposer contre le chaos et la destruction qui s’étend, soient sérieusement considérées et surtout appliquées. C’est l’engagement qui a été pris par de nombreux participants à la fin de cette longue journée passionnante par les présentations économiques et scientifiques ainsi que les discussions qui l’ont animée.

A. Introduction

Karel Vereycken, fondateur et vice-président d’Agora Erasmus, a lancé la journée en rappelant le contexte stratégique international, dominé par le danger de guerre mondiale et la désintégration de nos sociétés. Pour la Belgique, et tout autant pour le monde, le plus important est la prise de position du Premier ministre Elio di Rupo en faveur de la séparation des banques, entre banques de dépôt et banques d’affaire, qui permettra de mettre en faillite ordonnée ce système financier gangréné jusqu’au cœur. Qu’il en ait conscience ou pas, il a ainsi pris pour cible la City et Wall-Street, les plus grands ennemis de l’humanité, espérons que lui et ses conseillers aient conscience que cette oligarchie n’a jamais hésité à éliminer tout ce qui s’oppose à ses intérêts. Notre association doit se mobiliser pour appuyer cette proposition et rappeler que cette réforme doit être suivie par la mise en place d’un système de crédit productif public capable de financer de grands travaux utiles et qualifiants, notamment pour les jeunes.

B. Notre Europe contre la leur

La matinée s’est poursuivi avec un panel sur l’économie, commencé par Christine Bierre, rédactrice en chef du journal Nouvelle Solidarité, sur l’évolution d’une Europe des nations telle que défendue par de Gaulle et Adenauer vers cette dictature financière qu’est devenue l’Union européenne. Puis Dean Andromidas, journaliste à l’Executive Intelligence Review (EIR), a présenté les grands projets pour la Grèce, l’Espagne et l’Italie qui s’intègrent dans notre Pont terrestre global, et qui pourraient déjà être réalisé, ou en cour de réalisation, si l’oligarchie financière ne s’y était pas opposée.

Dans sa présentation « Reconstruire une Europe industrielle contre le féodalisme financier », Christine Bierre a d’abord fait le constat d’une Europe qui rejette les citoyens, d’une dictature terrible écrasant les peuples. Les images des manifestations en Espagne ou en Grèce, montrent une répression policière méthodique, violente et souvent provoquée par des casseurs, d’une population qui se soulève contre les politiques d’austérité qui leur sont imposées. En Catalogne, se sont 1,5 million de personnes qui réclament l’indépendance de la région, reflétant ce séparatisme qui se propage et que la Belgique connait bien. Et pendant ce temps là les populations du nord de l’Europe ne réagissent pas, elles restent planquées devant leur télévision géante.

L’Europe a fait fausse route depuis le Traité de Maastricht, il faut revenir au Traité de Rome même s’il n’est pas parfait. À l’époque de De Gaulle et Adenauer, c’était une Europe de nations souveraines, développant ensemble le nucléaire, l’exploration spatiale, les transports à grande vitesse pour leur intérêt commun. C’était une Europe industrielle et riche, comme le montre cette allocution du président de Gaulle en 1964, il présente les progrès de la France depuis 1958, avec par exemple + 35 % pour le revenu national et + 25 % pour le revenu moyen des français. Dans ces tableaux, l’économiste Jean Fourastié montre les différences entre les villages de Madère et de Cessac, en gain de productivité et d’amélioration des conditions de vie, le premier isolé du développement industriel qui est accueilli par le deuxième.

Nous avons besoin d’une société de production, pas de consommation, où l’accroissement de la productivité est obtenu en introduisant les avancées technologiques qui permettent d’en simplifier les procédures. Actuellement cette vision de production est éliminée par la matrice culturelle de type impériale qui incite au gain à court terme. La dérégulation systématique met en œuvre un pillage continu de la main d’œuvre, de l’éducation, des systèmes de soins.

Ce changement d’une société de production vers une société de consommation à commencé en 1971, avec la fin du système de Bretton Woods. L’élimination des taux de changes fixes entre les monnaies lança la mondialisation financière. En Europe avec le traité de Maastricht ce fut la fin de la vision de De Gaulle et Adenauer qui refusaient le transfert de souveraineté des nations à des institutions supranationales. L’application de ce traité fut planifiée par Robert Marjolin et préparée par Raymond Barre et Alexandre Kojève, pour être ensuite imposée lors de la réunification de l’Allemagne par François Mitterrand et Margaret Thatcher. Cela mit en place un système de banques centrales, indépendantes des Etats, avec interdiction de leur faire des avances sous quelques formes, empêchant ainsi tout financement productif public.

Combinée avec la dérégulation financière, aboutissant à l’abrogation du Glass-Steagall au États-Unis en 1999, cette politique engendra une bulle de dettes privées et publiques qui implosa à partir de 2007. La politique de renflouement des banques et d’austérité pour le peuple qui suivit, prend maintenant une ampleur plus dictatoriale avec le TSCG et le MES, les employés de ce dernier se voyant attribuer une immunité complète contre tout recours légal. Des règles d’or sont imposées aux budgets des États, des sanctions semi-automatiques sont prévues en cas d’infraction, et en même temps on envisage avec les 500 milliards d’euros du MES et les 250 milliards du FESF de lever 2 000 milliards, afin de racheter les dettes des banques et des Etats.

Cette politique hyperinflationniste doit être stoppée par la faillite contrôlée du système bancaire, en revenant au principe du Glass-Steagall de séparation des banques. Cela implique le retour aux monnaies nationales, afin de rétablir la souveraineté économique des États par l’émission de crédit productif public, pas pour les frais de fonctionnement, mais pour la recherche scientifique et les infrastructures.

Dean Andromidas a ensuite présenté « Les grands projets pour développer l’espace Méditerranéen », comme alternative à la politique génocidaire que la Troïka (FMI, BCE et CE) impose brutalement aux peuples du sud de l’Europe. Cette politique transforme les populations en réfugiés économiques, avec des jeunes ayant une éducation et fuyant massivement leur pays, comme en Afrique, ou en Afghanistan ils le font depuis de nombreuses années. En Grèce, le chômage atteint 25 % de la population active, et 50 % chez les jeunes de moins de 26 ans, alors que depuis 4 ans ce sont déjà 1 million de personnes qui ont quitté le pays, soit 10 % de la population totale. L’émigration en Irlande est maintenant de 75 000 personnes tous les ans, au Portugal entre 2008 et 2011 ce sont 425 000 personnes qui ont fuit et en Espagne en 2011 c’était 62 000 personnes.

L’alternative est de construire une plateforme économique en Europe qui s’intègrera aux projets du Pont-terrestre global et permettra de participer au développement du continent africain. Cette plateforme créera les conditions pour lancer des projets d’exploration spatiale dans le système solaire, l’Afrique pouvant y jouer un rôle majeur grâce à sa position située au niveau de l’équateur, qui est un avantage pour le lancement des fusées. Le Pont-terrestre global est constitué de corridors de développement d’infrastructures de transport, de fourniture énergétique et de gestion de l’eau. En Asie ces corridors sont déjà en partie en construction ou en projet, mais en Europe où domine la culture environnementaliste, il n’y a plus aucun projet majeur allant dans cette direction. Pourtant notre politique permettra de développer la biodiversité, par exemple en créant de nouvelles espèces vivantes qui pourront s’installer dans les déserts comme ceux du Sahara et du Sahel qui auront été reverdi par nos grands projets.

Sous quelle forme d’organisation peuvent se réaliser ces projets ? Il faut s’inspirer de ce qui a été fait avec le plan Marshall en Europe ou la Reconstruction Finance Corporation (RFC) qui finança la Tennessee Valley Authority (TVA), l’un des éléments du New Deal de Franklin Roosevelt. Le crédit émis par le Congrès américain était géré par la RFC, qui finançait alors les différents projets de développement qui avait été décidés. Cette organisation doit donc se faire par des autorités multinationales rassemblant les pays concernés par les projets, et non pas par des commissions supranationales et bureaucratiques comme celles de l’UE.

En Grèce ces projets comprennent le développement des capacités fluviales et ferroviaires vers l’intérieur des terres continentales, la transformation des infrastructures portuaires du pays pour en faire un hub d’échange maritime aussi important qu’Anvers ou Rotterdam. En Italie, ces projets inclus la connexion de l’Europe et de l’Afrique, au niveau de la Sicile et de la Tunisie, avec d’abord la construction d’un pont de 3,3 km sur le détroit de Messine. Puis c’est le tunnel Sicile-Tunisie de 155 km, qui complète le lien, un projet conçu par l’agence de recherche nationale italienne, l’ENEA. En Espagne, s’ajoutant au développement du réseau de train à grande vitesse déjà très important, c’est le projet de tunnel entre le sud du pays et le nord du Maroc, conçu par la société tunnelière suisse Lombardi, qui doit être lancé.

Pour l’Afrique, ce sont les projets Transaqua, de la société italienne Bonifica, et le « Passage africain », proposé par l’ingénieur égyptien Aiman Rsheed, qui doivent être financés. Transaqua propose de récupérer par un canal navigable 5 % des eaux du bassin du fleuve Congo, qui seront transportées vers le fleuve Chari qui alimente le lac Tchad. Ce lac pourra enfin être revitalisé, ce qui permettra le développement d’une économie agro-industrielle dans les pays qui se partagent cet approvisionnement en eau. Ce projet inclus aussi la construction d’un important port intérieur qui jouera un rôle majeur dans les échanges au sein du continent africain. Le Passage africain comprend un réseau de transports rapides et un canal qui relieront entre elles les nations de la région des Grands lacs, jusque la côte égyptienne, au niveau d’un port à construire à Sidi Barrani, près de la frontière avec la Libye. En Tunisie, des lacs d’eau douce pourront être créés à partir du dessalement de l’eau de mer à l’aide de centrales nucléaires, d’abord avec des centrales flottante amarrées à la côte, en attendant la construction de réacteurs nucléaires dans le pays.

Tous ces grands projets sont déjà conçus et réalisables avec la technologie existante, ce qui manque c’est la volonté politique de se débarrasser de la dictature financière qui s’oppose à tout progrès.

C. La science au peuple

Dans l’après-midi, nous nous sommes concentrés sur la question du progrès scientifique, situé au-delà des perceptions sensorielles, avec Karel Vereycken qui s’est intéressé aux développements dans la capacité de mesurer notre environnement, réalisés par Gérard Mercator et son entourage qui ont retravaillé les découvertes plus anciennes. Puis Guillaume Dubost, président d’Agora Erasmus, a présenté les efforts consacrés à l’exploration spatiale qui ont contribué au succès de l’amarissage du rover Curiosity, en quoi consiste la mission, et la direction à prendre pour maitriser l’espace entre les orbites de Vénus et Mars.

Mercator et Frisius, de la cosmographie aux cosmonautes

Karel Vereycken a rappelé qu’en cette année 2012, nous fêtons le 500e anniversaire de Gérard Mercator, né en Belgique et il est donc important de connaître ici son histoire et ses réalisations. Au XVIe siècle, le grand défi était celui des voyages transatlantiques où l’enjeu était de pouvoir se situer le mieux possible sur le globe terrestre. Pour aller en Amérique, les indications se réduisaient souvent à « Descendre vers le sud jusqu’à ce que le beurre fonde, tourner à droite et puis tout droit ».

Gérard Mercator a effectué des percées fondamentales et mis au point la méthode de projection portant son nom, mais c’est son ami Gemma Frisius qui avait balisé le projet, et il est intéressant de comprendre l’ensemble du cheminement qui a été réalisé. Pour cela il faut remonter à la création à Louvain du Collège Trilingue par Erasme, qui lui-même avait été éduqué au sein des Sœurs et Frères de la Vie commune, inspiré par Geert Groote. En apprenant à des centaines de jeunes le grec ancien, le latin et l’hébreu, s’ouvrait pour eux toute la richesse scientifique et philosophique de ces civilisations anciennes, en découvrant dans les originaux la pensée de Platon, Thalès, Archimède, Ptolémée, …

JPEG - 51.2 ko
Le médecin et mathématicien Gemma Frisius (1508-1555).
JPEG - 64.5 ko
Le cosmographe flamand Gérard Mercator (1512-1594), un enfant typique de la "génération Erasme".

Gemma Frisius était un orphelin paralysé des jambes, quand il commença son éducation à Groningen, avant d’arriver au Collège Trilingue, où il sera ensuite professeur. Il étudie les mathématiques, la médecine et se passionne pour la cosmographie, mais insatisfait des instruments de l’époque il décide de créer son propre atelier de production de globes terrestres et célestes, d’astrolabes, de « bâtons de Jacob » (arbalestrilles), d’anneaux astronomiques et autres. La qualité et la précision exceptionnelle des instruments de l’atelier de Frisius sont louées par Tycho Brahé, et Jean Kepler.

Parmi ses élèves on trouve plusieurs grands noms de la science en Belgique, dont Vesalius, spécialisé dans l’anatomie et Dodoens dans la botanique. Mercator rejoindra l’atelier de Frisius, pour le plaisir de produire des instruments précis mais aussi pour les revenus financiers, nécessaires à son indépendance.

Comment se localiser sur le globe quand on n’a ni GPS ni Google Maps ? Les distance entre les lieux ne peuvent pas se voir, se sentir ni être touché. Quelle échelle choisir pour les carte et quelle précision avons-nous pour les localisations ? Depuis des millénaires, la cartographie nous lance ces défis. Les découvertes ne se sont pas faites de manière continue et linéaire, parfois certaines disparaissaient des connaissances avant d’être redécouverte des siècles plus tard.

Par exemple, Eratosthène (IIIe avant JC) avait estimé la circonférence de la Terre à 39 375 km (taille réelle de 40 075,02 km), se reposant sur les connaissances géométriques de son époque et appliquées avec les moyens disponibles. Mais Ptolémée au IIe siècle, qui avait localisé par des latitudes et des longitudes 8 000 lieux, introduisit une sous-estimation de la circonférence de la planète et une sur-estimation de la taille de l’Asie. Cette erreur perdurera pendant plusieurs siècles, et failli couter la vie à Christophe Colomb si l’Amérique n’avait pas existée.

Parmi les contributions importantes de Frisius, un petit livret décrivant méthodiquement l’utilisation de la triangulation pour effectuer des relevés topographiques. Le principe de triangulation, qui établit des rapports entre les longueurs et les angles d’un triangle, était connu depuis Thalès. Frisius montre comment utiliser ce principe, à partir de mesures d’angles effectuées depuis Bruxelles et Anvers, pour déterminer sur papier les positions et les distances de Gand, Louvain, Malines, Middelburg par rapport aux deux premières villes. En France, au XVIIe siècle, Jean-Baptiste Colbert comprend qu’une meilleure gestion et l’aménagement du territoire nécessitent de meilleures cartes et se sera alors la méthode de Frisius qui sera utilisée.

Après un séjour de 7 mois en prison pour hérésie, Mercator quittera les Flandres pour s’installer dans la petite ville de Duisbourg, mais il maintiendra le contact avec son imprimeur Christophe Plantin à Anvers, qui le fournira régulièrement en papier. C’est de là qu’il produira la première carte dite « conforme », utilisant la projection cylindrique depuis le centre de la Terre, qui conserve les angles entre les lieux mais déforme les distances, faisant apparaitre le Groenland aussi grand que l’Afrique. Cela ne gène pas les navigateurs et les astronomes qui préfèrent travailler avec les angles, contrairement aux architectes et aux géomètres qui utilisent des plans équidistants.

Au-delà de la perception sensorielle, le défi que nous lance Curiosity

Guillaume Dubost a commencé son exposé en précisant que le développement de notre capacité de voyager, sur la surface de la Terre comme dans notre système solaire, a toujours été un vecteur fort de progrès, avec des retombées importantes pour toute l’économie. Les découvertes de Frisius et de Mercator, suivies par celles de Kepler sur l’organisation de notre système solaire, ont permis, quand la capacité technologique et la volonté politique étaient mûres, le lancement de l’exploration spatiale dans la deuxième moitié du XXe siècle. Le défi à l’époque était d’abord d’arriver à lancer, sans incident, une sonde avec une trajectoire balistique, pour qu’elle arrive à proximité de la planète quelque mois plus tard.

Ce qui est intéressant avec les années 1950 c’est que l’objectif n’étais pas seulement la lune, mais l’espace situé entre les orbites de Vénus et Mars, comme le montrent les nombreuses missions vers ces planètes. En juillet 1965 Mariner 4, qui ne pourra que passer à côté de Mars, transmet les premières images de la surface, qui montrent un monde similaire à la Lune, et aucun martien. Mariner 9 en 1971 a la capacité de se mettre en orbite et de meilleures caméras, qui indiqueront d’abord une tempête de poussière globale, puis enverront les images nettes d’anciens volcans, les plus hauts connus actuellement dans le système solaire.

Avec Viking s’initie d’abord la cartographie de la planète, et un premier dispositif amarssi effectue des mesures atmosphériques et analyse des échantillons prélevés du sol. Avec l’extension des spectres sensoriels de nos instruments de mesures, sur le sol et en orbite, notre connaissance de Mars à fortement changé ces vingt dernières années, malgré un financement public toujours plus difficile à obtenir. Avec Mars Odyssey, nous pouvons suivre depuis onze ans les changements à la surface, le déplacement des dunes de poussière, des glissements de terrain et des mouvements tectoniques.

Il est certain maintenant que Mars a connu l’eau liquide à sa surface, avec un océan dans l’hémisphère nord et un gigantesque continent dans le sud. La vie a surement pu se développer, mais un changement important a fait diverger l’évolution de la planète, comparée à celle de la Terre. Il ne suffit donc pas de planter une caméra sur le sol martien et d’attendre l’apparition d’un joli lapin blanc pour trouver des traces de vie.

PNG - 295.6 ko
Carte réalisée gràce à Mars Observer, avec les lieux des différentes missions.

Le choix du lieu d’arrivée de Curiosity, est très intéressant, car le Mont Sharp dans le cratère Gale, lui donne accès à de nombreuses couches géologiques, créées par une longue sédimentation et ensuite creusées par l’érosion. Curiosity c’est aussi dix années d’effort par des scientifiques et des ingénieurs de la NASA, mais aussi de Russie, d’Argentine, d’Espagne, de France et d’ailleurs, illustrant ce dont la coopération internationale est capable pour la science. Les émotions vives exprimées au centre de commande du JPL lors de la phase critique de l’amarsissage et partagées par ceux qui en sont témoins, expriment le sens universel de ces missions.

Le laboratoire scientifique, composé de dix instruments hautement avancés analysant la nature physique, chimique, isotopique et atomique de son environnement, démontre notre capacité à déployer un dispositif complexe et opéré depuis la Terre, dans le système solaire. Ce qui manque actuellement c’est une capacité à nous déplacer rapidement, à mettre Mars à une semaine de voyage avec la fusion thermonucléaire.

Mais l’exploration spatiale doit aussi nous donner les moyens de défendre notre planète contre les menaces provenant de ce vaste espace, comme par exemple les astéroïdes. Mars, la Lune et la Terre témoignent des risques importants liés à ces corps, cette année encore deux astéroïdes sont passé très proche de notre planète, et il y a quelques semaines un astronome a pu prendre des images d’un impact énorme sur Jupiter. Tous les ans, un ou deux petits astéroïdes se désintègrent dans notre atmosphère, dégageant une puissance équivalente à une petite bombe nucléaire.

Notre connaissance de la population de ces corps est presque complète pour ceux de plus d’un kilomètre de diamètre, mais elle chute terriblement pour ceux de plus petite taille, étant presque nulle pour ceux de moins de 100 m. Ils sont pourtant les plus nombreux et ont un pouvoir de destruction équivalent à nos plus puissantes bombes thermonucléaires.

Il nous faut donc étendre considérablement nos dispositifs de surveillance, vers l’orbite de Mars mais aussi de Vénus, si nous voulons découvrir comment s’organise dans le système solaire l’ensemble de ces astéroïdes. Nous devons aussi préparer nos moyens d’actions pour intervenir rapidement une fois qu’une menace potentielle est identifiée.

C’est dans cette perspective que la Russie a proposé il y a un an, aux États-Unis et à toute nation intéressée d’y participer, l’Initiative de Défense de la Terre. L’objectif est de créer une plateforme commune contre les menaces terrestres comme les missiles thermonucléaires mais aussi les séismes, les éruptions volcaniques, et les menaces extraterrestres comme les astéroïdes. Ce développement vers l’espace doit se faire en parallèle avec les grands projets sur Terre, dans une grande coopération internationale qui éloignera à terme le danger de guerre qui pèse actuellement sur l’humanité.

 Envoyer à un ami  Nous contacter
 
 
   
  • 55€
  • 1010€
  • 2020€
  • 5050€
  • 100100€
  • 500500€