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La politique turque à l’égard de la Syrie : le syndrome de l’arroseur arrosé

Le 10 décembre à 08:12

1 août 2012 (Nouvelle Solidarité) — La politique turque de soutien au renversement de Bachar el-Assad est sur le point de s’effondrer, face aux craintes de voir le pays éclater en enclaves sunnites, chiites et kurdes après le départ du Président syrien. La perspective d’un état kurde émergeant le long des provinces kurdes de Turquie a créé une très vive opposition contre la politique d’Ankara.

La sonnette d’alarme a retenti après que le dirigeant kurde irakien Massoud Barzani a publiquement reconnu que son Gouvernement régional kurde entraîne des combattants kurdes syriens pour les envoyer défendre le territoire kurde en Syrie. Encore plus alarmant, cela fait partie intégrale d’un accord passé entre les Kurdes irakiens et le Parti de l’union démocrate syrienne (PYD), connu pour être affilié au Parti communiste kurde (PKK).

La déclaration de Barzani a vivement agacé le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a menacé les Kurdes syriens de frappes militaires préventives s’ils songeaient même à attaquer la Turquie. Le journal turc en langue anglaise Zaman, qui jusqu’à maintenant soutenait le gouvernement dans sa politique syrienne, rapporte « que les perspectives d’une Syrie divisée et d’une nouvelle administration kurde autonome le long de la frontière turque » pourraient à la fois « alimenter le séparatisme du PKK en Turquie et être le début de la désintégration de la Syrie en un Nord kurde, une enclave alaouite à Latakia et dans ses alentours, et une zone arabe sunnite ».

Kemal Kilicdaroglu, à la tête de l’opposition turque et chef du Parti républicain du peuple, a expliqué qu’il ne souhaite pas que « la Turquie soit amenée dans le marécage. En sommes, nous ne souhaitons pas la guerre ». « Nous étions censés être les maîtres du jeu dans la région, nous avons fini par être joués », a-t-il conclu.

Un article du journal à grande diffusion Hürriyet rapporte : « Les nationalistes turcs sont sur l’offensive maintenant que des conditions qu’Ankara ne pouvait pas prévoir ou contrôler agissent comme la sage-femme d’un ’Grand Kurdistan’, et bombardent désormais le gouvernement, en particulier le trop ambitieux ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, de critiques au vitriol contre sa politique. » Hürriyet prévient que si Ankara autorise des opérations militaires contre les Kurdes syriens, cela pourrait « mener le pays à de nouvelles aventures malvenues » et « aggraver le problème kurde en Turquie ».

Un commentaire dans le même quotidien, intitulé « Un méga Etat kurde se fonde », fait observer que la politique actuelle concrétise « la plus grande crainte de la Turquie : les Kurdes en Irak et en Syrie travaillant ensemble » pour former un « Grand Kurdistan ». Un autre commentaire dans Hürriyet souligne que la Turquie a 1200 km de frontières kurdes, qui comprennent celle de 400 km entre la Turquie et le gouvernement régional kurde en Irak, qui est une zone de guerre virtuelle parce que le PKK y est basé, et 800 km avec la région kurde de Syrie. On y souligne également que le Printemps arabe menace de se transformer en « Printemps kurde » et de se propager à l’intérieur de la Turquie.

L’économiste américain Lyndon LaRouche avait déjà prévenu dès 2011 que cette politique syrienne du gouvernement turc reviendrait à la maison pour hanter le pays, rappelant que « la Turquie est elle aussi un pays fragile ».

Source : Solidarité & Progrès

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