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La réforme bancaire du ministre des Finances Koen Geens accusée d’être une feuille de vigne

Le 17 août à 17:08

Jeudi 5 décembre 2013 - Le 26 novembre, dans une tribune publiée dans le quotidien flamand De Morgen, l’économiste belge de renom Paul De Grauwe (London School of Economics, Université catholique de Louvain), un partisan d’un retour à une séparation bancaire stricte de type Glass-Steagall, a taillé en lambeaux la loi de réforme bancaire proposée par le ministre des Finances Koen Geens.

La loi Geens, présentée aux membres du cabinet le 25 novembre, annonce vouloir endiguer les activités spéculatives des banques. « Le rêve de certains (dont moi-même) de séparer complètement ces activités des banques est en pièces », écrit De Grauwe. « Le ministre a suivi les souhaits des banquiers et n’a donc pas un plan pour introduire une séparation. »

Si la législation Geens était adoptée, là où l’activité spéculative d’une banque dépasse les 2,5% de ses fonds propres, la loi l’obligerait à les cantonner dans une filiale. « Et alors, objecte De Grauwe, une filiale est une partie de la banque. D’une séparation il n’en est donc pas question. Par contre, ce que le ministre réussit, c’est d’introduire ’’la fiction’’ d’une séparation. Mais tout le monde sait que ce qu’on mettra dans la filiale restera sous le contrôle entier de la banque. (…) Merci, Monsieur le ministre, disent spontanément les banquiers ».

« Ce plan bancaire échoue à séparer l’activité de banque d’affaire de celle de banque traditionnelle, avec de lourdes conséquences pour l’avenir », analyse De Grauwe. L’économiste note également que le plan Geens fait l’impasse sur le très faible ratio des fonds propres par rapport aux bilans des banques belges, qui est de seulement de 5%. Alors que ce ratio se situe, hors du secteur bancaire, à 20-30% pour les sociétés bien gérées. Contrairement aux banques, ces dernières « savent que des chocs peuvent provoquer des pertes conséquentes. Elles comprennent que pour amortir ces chocs et éviter les faillites, un gros matelas sous forme de capitaux propres est nécessaire ».

Pour leur part,

« les banquiers belges ne s’en inquiètent guère (…) alors qu’une baisse relativement marginale de la valeur de leurs actifs suffit pour plonger leur fonds propres dans le négatif. De tels chocs vont certainement encore se produire. »

Pourquoi les banquiers belges ne s’en inquiètent-ils si peu ? « La raison a tout à faire avec le syndrome too big to fail (trop gros pour sombrer) », poursuit-il. Les banquiers savent très bien qu’avec le système de banques universelles, les autorités n’ont pas d’autre choix que de les sauver.

Ce qui est triste, conclut l’économiste, c’est le fait qu’en dépit de la crise bancaire de 2008, le modèle bancaire n’a quasiment pas évolué.

« A la marge, on a renforcé la régulation, mais au niveau des fondamentaux, c’est-à-dire la pratique qui permet aux banques de mélanger des activités spéculatives avec la pratique bancaire traditionnelle (…), elle est restée inchangée. Si à l’avenir de nouvelles turbulences se produisent, nos grandes banques seront comme l’oiseau pour le chat. Et le ministre ne change rien à cela. Son plan bancaire n’est rien de plus qu’une feuille de vigne. »

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