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La rupture ukrainienne avec l’UE, une nouvelle donne stratégique

Le 19 octobre à 20:10

Mercredi 4 décembre 2013 - Le 29 novembre, lors du sommet de Vilnius, le gouvernement ukrainien a brusquement annulé son projet d’association avec l’Union Européenne.

Le projet comprenait un accord de libre-échange destructeur, accord que l’Ukraine rejette en raison des conditionnalités posées et l’impact suicidaire qu’il aurait eu sur l’industrie nationale et son économie en général. Rappelons que si 60 % de ses exportations vers la Russie et la CEI sont des produits finis, seul 18 % de ses exportations vers l’UE le sont, le reste étant des matières premières.

Malgré de fortes pressions de l’UE, le président Ianoukovitch estime que l’intégration avec l’UE doit se faire sur sur un pied d’égalité et que l’Ukraine doit poursuivre sa coopération avec l’Union douanière lancée par la Russie et d’autres pays de l’ex-Union soviétique. Début décembre, Ianoukovitch se rendra également en Chine pour signer un partenariat stratégique entre les deux pays. Une vingtaine de contrats commerciaux sont également sur la table.

C’est une nouvelle donne stratégique intéressante qui se dessine, a noté l’économiste américain Lyndon LaRouche. Alors que la région transatlantique s’enfonce dans la pauvreté et le déclin économique afin de sauver un système financier en faillite, de plus en plus de dirigeants cherchent une issue de secours.

Lors d’une conférence le 30 novembre, LaRouche a dit que la décision ukrainienne s’insère dans une dynamique de changement de paradigme. Le monde est aujourd’hui divisé en deux pôles, selon lui. D’un côté l’Asie, qui a une dynamique positive et l’autre, la région transatlantique, qui se désintègre. L’Ukraine ne peut accepter d’être avalée par l’Europe occidentale, « parce que sa population serait alors entraînée dans une spirale de la mort ».

Elle se tourne par conséquent vers la Russie et l’Asie, où la croissance économique est réelle. Ainsi, « la tendance est à une orientation vers l’Eurasie, qui attirera sans doute l’Allemagne, et si c’est bien le cas, elle entraînera à leur tour la Suisse et l’Autriche, et d’autres. Nous sommes face à un grand tournant en cours. » Son aboutissement toutefois n’est pas déterminé d’avance.

L’Allemagne est clé dans ce processus, a souligné LaRouche, parce que son avenir réside dans le développement de l’Eurasie. Les enjeux sont semblables à ceux du début des années 1990, après la chute de l’Union soviétique, mais à cette époque l’Allemagne était tombée dans le piège du traité de Maastricht et de l’euro.

Aujourd’hui, alors que dans les conditions actuelles les Etats-Unis et la zone euro sont condamnés, cette orientation vers le développement de l’Eurasie, selon LaRouche, offre une réelle perspective. L’Europe et l’Allemagne pourraient décider de s’y joindre. Les Etats-Unis aussi, à condition qu’ils « se débarrassent de Wall Street et du président Obama », pourraient également opter pour une coopération transpacifique, en rejoignant l’Asie par l’autre côté.

Lothar de Maizière (CDU) critique l’approche de l’UE vis-à-vis de l’Ukraine

Enfin, une personnalité politique allemande s’est levée publiquement contre la stratégie de déstabilisation menée par l’UE contre l’Ukraine et la Russie.

Dans un entretien avec l’influent quotidien allemand Die Welt, Lothar de Maizière (CDU), président du Dialogue germano-russe de Pétersbourg, a fait part de son désaccord non seulement à l’égard de la politique de l’UE envers l’Ukraine et la Russie, mais aussi avec la méfiance systématique exprimée par la chancelière Angela Merkel et le président Joachim Gauck envers la Russie, et envers Poutine en particulier,

De Maizière a également fait connaître son désaccord profond sur plusieurs points avec Andreas Schockenhoff, le coordinateur en chef des parlement et gouvernement allemands pour les contacts germano-russes. Ce dernier est connu pour ses discours enflammés contre Poutine.

De Maizière est un ancien Premier ministre d’Allemagne de l’est, lors de la période de transition entre mars 1990 et le jour de la réunification en octobre de la même année.

« Les anciennes républiques soviétiques comme l’Ukraine, a-t-il dit, sont devenues des États souverains. Elles doivent décider d’elles-mêmes dans quelle direction aller. Il ne doit y avoir aucune pression d’aucun côté. Ni de l’UE, ni de Moscou. Mais malgré ceci, l’UE ne devrait pas ignorer totalement les intérêts spéciaux de la Russie. Les liens économiques entre l’Ukraine et la Russie sont encore très étroits. Rompre tous les contacts avec la Russie une fois adopté un accord d’association, comme l’exige essentiellement l’UE, pèserait tant sur l’Ukraine que la Russie. »

On peut critiquer les aspects négatifs de la Russie, a-t-il ajouté, « mais il faut voir également les aspects positifs. 6000 entreprises allemandes sont actives en Russie. Notre sécurité énergétique dépend du gaz naturel russe, et jusqu’ici Moscou a honoré tous ses contrats. »

Malgré la censure des médias, le Dialogue de Pétersbourg a accompli de nombreux progrès dans les relations germano-russes, dans les domaines économique, culturel et religieux. L’approche critique de la chancelière Merkel à l’égard de la Russie est contre-productive, a conclu de Maizière, ainsi que le refus du président allemand Gauck d’accepter l’invitation des Russes pour se rendre en Russie.

Une autre personnalité, l’ancien président polonais Aleksander Kwazniewski, a pour sa part critiqué l’UE pour n’avoir pas été suffisamment généreuse à l’égard de l’Ukraine.

L’entretien avec de Maizière doit être vu à la lumière des remarques faites il y a quelques jours par l’économiste Lyndon LaRouche, qui a noté l’intérêt croissant d’une partie des élites allemandes pour une intensification des relations avec la Russie, en particulier dans le domaine de la production industrielle.

Source : Solidarité & Progrès

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