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Le Premier ministre Elio di Rupo fait part de sa volonté de séparer les banques en deux

Le 17 octobre à 15:10

6 septembre 2012 (Nouvelle Solidarité) – Au moment où l’Etat belge se trouve à nouveau sous pression pour renflouer le géant bancaire belgo-français Dexia, des dirigeants politiques belges réaffirment leur volonté de mettre la séparation bancaire à la Glass-Steagall sur la table.

Samedi le 1er septembre, c’était au tour du Premier ministre socialiste Elio di Rupo, visiblement au courant du débat qui fait rage en Angleterre et aux Etats-Unis à ce sujet, de s’exprimer dans le quotidien La Libre Belgique, sous le titre "Non à l’impunité"

En réponse à une question d’un journaliste sur le type de réformes bancaires qu’il entendait mettre en oeuvre, di Rupo a répondu :

« L’un des grands problèmes, c’est la taille des banques. Au Royaume-Uni, les banques représentent 600 % du produit intérieur brut ; au Danemark, 500 % du PIB ; aux Pays-Bas, en France, en Belgique, elles représentent entre 360 % et 400 %. Dès que les banques ont un problème, l’impact sur les Etats est gigantesque. Il faut sortir de la logique propre du système financier qui consiste à privatiser les profits et à socialiser les pertes. Les moyens financiers tournent dans le monde de la finance et ne sont plus consacrés, de manière suffisante, à l’économie réelle. Cela n’est pas normal. Il y a une demande, en Belgique comme dans d’autres pays – au Etats­-Unis par exemple –, de scinder les banques : d’un côté les banques de dépôt, de l’autre les banques d’affaires. Des réflexions ont lieu chez nous, à la Banque nationale et au niveau européen. »

Lorsque le quotidien essaie de noyer le débat en déclarant que celui-ci contient beaucoup d’idéologie, le Premier ministre répond :

« Oui, c’est vrai. Mais la situation est intenable. C’est de la folie. Quand les banques, Dexia, Fortis, ont eu des difficultés, elles ont frappé à la porte de l’Etat. Pour les aider, l’Etat n’a eu d’autre choix que d’emprunter et d’augmenter son stock de dettes. Puis ces mêmes banques nous font des leçons et estiment que l’Etat est trop endetté... ! Il faut cesser de se moquer du monde. Ma conviction est que l’on doit parvenir à scinder les banques, à réduire leur taille et à protéger les avoirs des citoyens de manière à éviter que les Etats interviennent. Il faudra prendre des dispositions de manière à ce que tous les comportements à risque soient assumés par ceux qui les posent. Il faudra des clauses qui imposent des pénalités directes à la fois chez les ges­tionnaires et chez les actionnaires en cas d’erreurs manifestes. Car aujourd’hui les gens ont peur. Jusqu’en 2008, les gens croyaient que les banques étaient les lieux les plus sûrs pour préserver leurs avoirs. On se rend compte qu’elles jouent en fait avec l’argent des déposants. »

Si une partie de la droite chrétienne-démocrate a rétorqué que ce système serait un retour à une politique « archaïque », l’un des principaux économistes flamands, Paul De Grauwe (professeur à la London School of Economics et à l’Université de Leuven) a répondu dans le quotidien Le Soir du 5 septembre : « Scinder les banques : courage, Monsieur le Premier ministre ! »

Il explique ensuite que « quatre ans après l’éclatement de la crise bancaire, le gouvernement belge fait une proposition de réforme fondamentale du système bancaire. Il propose de scinder les banques en deux. D’une part il y aurait les banques de dépôts, d’autre part les banques d’affaires. Enfin, dira-t-on. Depuis des années, pas mal d’économistes insistent sur le fait qu’une telle opération est essentielle pour la stabilité du système financier. »

L’économiste, qui avait publié dix jours avant le sommet du G20 de 2009 sur la crise financière un article appelant à un Nouveau Bretton Woods et à la restauration de Glass-Steagall au sein de chaque pays, souligne que « ce ne sera pas facile pour le Premier ministre, [car] le lobby des banques est prêt à une campagne de désinformation. » De Grauwe énumère ensuite les arguments qui seront avancés par elles pour tenter de bloquer cette réforme, et conclut :

« La tâche du Premier ministre sera ardue. Il fera face à un lobby banquier qui mobilisera des ressources considérables pour faire échouer sa proposition de scission de nos banques en banques de dépôts et banques d’affaires. Il lui faudra du courage. Je lui souhaite beaucoup de succès. »

Agora Erasmus se mobilisera pour fortement appuyer cette bataille cruciale car la démarche de la Belgique pourra en inspirer quelques uns dans d’autres pays...

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