FRNL
   
  • 55€
  • 1010€
  • 2020€
  • 5050€
  • 100100€
  • 500500€
   

Le rapport Angelides présenté au Parlement européen !

Le 14 août à 23:08

13 avril 2011 (Nouvelle Solidarité) – Malgré l’absence totale de couverture médiatique, c’est un événement fondamental qui a eu lieu lundi au Parlement européen. Phil Angelides, président de la Commission d’enquête américaine sur la crise financière, a été auditionné pendant deux heures et demie par la Commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale. Pendant une heure, il a exposé les découvertes et conclusions de sa Commission, puis a répondu aux questions. Vous pouvez écouter l’audition en suivant ce lien (en français !). La publication du rapport Angelides fin janvier dernier continue d’avoir un effet dévastateur aux Etats-Unis puisqu’il remet en cause 40 ans de financiarisation économique et pose sur la table le remède Glass-Steagall.

Les députés ont été particulièrement impressionnés par le fait qu’Angelides a souligné que la crise «  n’avait pas été envoyée par Dieu  ». On aurait pu l’éviter, «  si les autorités de surveillance et les politiques  » s’étaient décidé à agir. Angelides a qualifié de grande «  tragédie  » le fait qu’on parte du point de vue que la crise n’aurait pas pu être évitée. Tout au long de l’audition, Angelides n’y est pas allé par quatre chemins : il a présenté, sans fard, les détails du processus qui avaient mené à la destruction de la réglementation existante et qui avait d’ailleurs échoué, y compris la suppression du système Glass-Steagall. Il s’est attaqué à la criminalité de Wall Street, et en l’occurrence surtout à l’ancien Chef de la Réserve Fédérale Alan Greenspan. Il a ensuite attaqué le rôle du marché dérégulé des dérivés, le système bancaire de l’ombre – « shadow banking » – et le rôle corrompu des agences de notation. Il a souligné que ceux qui étaient responsables de la crise n’avaient pas encore été inquiétés. Le Congrès actuel est en train de diminuer les budgets des autorités de régulation, y compris la SEC – Securities and Exchange Commission – qui, soit dit en passant, est davantage financée par les amendes qu’elle recouvre, que par le budget qui lui est alloué.

Répondant à une question d’un député italien sur la réinstauration du Glass-Steagall, Angelides a développé de manière exhaustive les conséquences qu’avaient successivement eues la destruction progressive et finalement l’abrogation de cette loi. Glass-Steagall (la stricte séparation des activités bancaires de spéculation, de celles de dépôt et de crédit) ayant été systématiquement détruit depuis 30 ans. Il cita comme exemple Citigroup qui, jusqu’à l’abolition du Glass-Steagall, était une banque d’affaire aux activités relativement conservatrices, mais qui après l’abolition de la loi, s’était concentrée ouvertement sur des activités spéculatives et risquées et, ainsi, était devenue un cas désespéré. A une autre question relative au fait que la Réserve Fédérale, en plus des banques américaines, avait également sauvé les banques européennes, Angelides a répondu que les investigations de sa Commission avaient seulement ouvert la porte, et que d’autres investigations devaient avoir lieu. A la fin de la session de deux heures et demie, le rapporteur de la Commission — la député socialiste Pervenche Berès — s’est à nouveau référé à la question du Glass-Steagall, et a affirmé qu’il le ferait figurer dans son communiqué final.


Cheminade 2012 : Rapport Angelides, une arme pour un sursaut politique


Les conclusions du rapport Angelides en français :


Vidéo : Rapport Angelides : l’épreuve morale


 Envoyer à un ami  Nous contacter
 
   
  • 55€
  • 1010€
  • 2020€
  • 5050€
  • 100100€
  • 500500€