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Les BRICS créent leur propre banque international pour le développement !

Le 27 juillet à 02:07

Mercredi 16 juillet 2014 - Les chefs d’Etat des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) se sont rencontrés le 15 juillet à Fortaleza au Brésil pour leur sixième sommet, et ont publié une déclaration historique. Parmi ses 72 points, la déclaration de Fortaleza annonce en effet la création d’une Nouvelle banque de développement (NBD) pour financer l’infrastructure et les projets de développement dans les pays membres et d’autres pays en développement.

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Vladimir Poutine, Narendra Modi, Dilma Rousseff, Xi Jinping et Jacob Zuma, le 15 juillet 2014 à Fortaleza.
Crédit : itamaraty.gov.br

Le siège de la banque sera situé à Shanghai, et la nouvelle institution sera dotée d’un capital de départ de 50 milliards de dollars, avec une contribution égale des 5 pays fondateurs.

La déclaration contient également une annonce de la mise en place d’un système de réserve en devise (le BRICS Contingent Reserve Arrangement, CRA), avec une réserve de 100 milliards de dollars au départ, « pour aider à anticiper les pressions à court terme sur la liquidité ». La déclaration de Fortaleza contient donc en germe un système financier international entièrement nouveau, fondé sur le développement mutuel et la souveraineté des nations.

Les trois paragraphe pertinents se lisent comme suit :

« 11. Les BRICS, ainsi que les autres EMDC [pays en voie de développement et économies de marchés émergentes] continuent d’être confrontés à des contraintes de financement significatives lorsqu’ils cherchent à résoudre des problèmes d’infrastructure et des besoins en développement durable. Ayant ceci à l’esprit, nous avons le plaisir d’annoncer la signature d’un accord établissant la Nouvelle banque de développement (NBD), ayant pour objectif de mobiliser les ressources pour l’infrastructure et des projets de développement durable, tant dans les pays membres des BRICS que les autres pays émergents et en voie de développement. Nous apprécions le travail entrepris par nos ministres des Finances. Reposant sur des principes bancaires sains, la NBD va renforcer la coopération entre les pays et se conjuguer aux efforts des institutions multilatérales et régionales pour le développement global, contribuant ainsi à nos engagements collectifs en vue de réaliser les objectifs d’un croissance forte, soutenable et équilibrée.

12. La Banque sera dotée d’un capital initial autorisé de 100 milliards de dollars américains. La souscription initiale sera de 50 milliards de dollars, également répartie entre les membres fondateurs. Le premier dirigeant du Conseil des gouverneurs sera russe. Le premier dirigeant du Conseil de direction sera brésilien. Le premier président sera indien. Le siège de la Banque sera situé à Shanghai. Le centre régional pour l’Afrique de la Nouvelle banque de développement sera situé en Afrique du Sud, en même temps que son siège. Nous instruisons nos ministres des Finances de faire le nécessaire pour sa mise en opération.

13. Nous avons également le plaisir d’annoncer la signature de l’Accord établissant le BRICS Contingent Reserve Arrangement (CRA), avec des réserves de 100 milliards de dollars américains. Cet arrangement aura un effet préventif positif, aidera les pays à anticiper les pressions en termes de liquidité, renforcera la sécurité financière globale et viendra compléter les arrangements internationaux existants. Nous apprécions le travail accompli par nos ministres des Finances et les gouverneurs de nos banques centrales. L’Accord offrira un cadre pour l’approvisionnement en liquidité grâce à des échanges croisés de devises en réponse aux pressions actuelles ou potentielles dans la balance des paiements. »

La Déclaration de Fortaleza contient aussi des passages critiquant l’incapacité du Fonds monétaire international à répondre à la crise et affirme :

« Nous appelons à la mise en place d’une architecture financière internationale qui soit plus amène de répondre aux défis associés au développement. Nous avons été très actifs afin d’améliorer l’architecture financière internationale à travers notre coordination multilatérale, et à travers d’initiatives de coopération financière qui accroîtront, de manière complémentaire, la diversité et la disponibilité des ressources pour la promotion du développement et apporteront une sécurité adéquate dans l’économie globale. »

La déclaration condamne fortement l’ingérence militaire unilatérale et les sanctions économiques :

« 27. Nous insistons sur notre engagement pour la résolution de disputes de manière soutenable et pacifique, selon les principes et objectifs de la charte des Nations unies. Nous condamnons les actes d’ingérence militaire unilatérale et les sanctions économiques en violation du droit international et des normes universellement reconnues pour ce qui concerne les relations internationales. Gardant ceci à l’esprit, nous soulignons l’importance de la nature indivisible de la sécurité, et qu’aucun Etat ne devrait renforcer sa sécurité aux dépens de la sécurité d’autrui. »

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Le concept de Banque internationale de développement lancé par l’économiste américain Lyndon LaRouche en 1975, avait inspiré la Conférence des pays non-alignés dans son combat pour se libérer de l’oligarchie financière.

Bien que la Déclaration de Fortaleza contienne des signes d’apaisement à l’égard des forces oligarchiques dominant le globe à l’heure actuelle, en endossant le concept de « développement durable » et de « sources d’énergie renouvelables », il s’agit sans aucun doute d’un acte fondateur faisant écho à la proposition de Banque internationale de développement mise de l’avant en 1975, soit près de 40 ans plus tard, par l’économiste américain Lyndon LaRouche, ainsi qu’aux nombreuses critiques faites par lui et ses associés contre le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Comme la déclaré la Présidente brésilienne Dilma Rousseff : « La Banque représente une alternative pour les besoins de financement des pays en voie de développement, capable de les comprendre et de compenser l’insuffisance de crédit en provenance des institutions financières internationales. »

Ceci n’arrive pas trop tôt, car le système bancaire européen entre rapidement dans une nouvelle phase d’effondrement, tandis que le FMI, la BCE et l’UE sont incapables d’imaginer autre chose que le renflouement (externe et/ou interne) des jeux spéculatifs des mégabanques universelles nées de la destruction des lois de types Glass-Steagall.

La Banque asiatique d’investissement pour l’infrastructure (AIIB), qui sera fondée à l’initiative de la Chine plus tard cette année (et dotée d’un capital similaire), viendra certainement renforcer l’effort pour jeter les bases d’un nouveau système financier international juste et efficace.

Source : Solidarité & Progrès

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