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Les « révolutions de couleur » : une nouvelle forme de guerre

Le 29 juin à 06:06

Jeudi 12 juin 2014 - Sous couvert des révolutions dites « de couleur » et du « Printemps arabe », Barack Obama, des dirigeants occidentaux et diverses ONG poursuivent activement la forme de guerre lancée au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 par le tandem Bush-Cheney, mais énoncée deux ans plus tôt par l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair lors d’un discours à Chicago.

Cette politique a été explicitement dénoncée le 23 mai dernier par des intervenants russes et biélorusses lors de la Conférence sur la Sécurité de Moscou. Parmi les conférenciers, il y avait le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Choïgou, son homologue biélorusse Youri Zhadobin, le chef d’état-major russe Valéry Gerasimov et le chef des opérations de l’état-major russe Vladimir Zaroudnitsky.

Le ministre Choïgou a ouvert la conférence en abordant l’impact négatif des révolutions de couleur sur la stabilité internationale. Selon un résumé de Dimitri Gorenburg du Center for Naval Analyses, Choïgou a qualifié ces révolutions de nouvelle forme de guerre inventée par des gouvernements occidentaux soucieux de remplacer certains gouvernements nationaux par d’autres contrôlés par l’Ouest. Le même modèle a été suivi dans nombre de cas : l’objectif initial – le renversement d’un gouvernement au moyen de protestations apparemment populaires – se transforme, dès lors que les protestations n’aboutissent pas, en des efforts pour déstabiliser le pays et fomenter le conflit interne. En Serbie, en Libye et en Syrie, a fait remarquer le ministre, on est passé du stade de l’ingérence politique à l’action militaire. Aujourd’hui, le même processus est en cours en Ukraine, où on a pratiquement affaire à une guerre civile, et au Vénézuela, où l’opposition qui se dit démocrate est organisée depuis les Etats-Unis.

La stratégie de la révolution de couleur a été décrite en détail par Zaroudnitsky, et résumée comme suit par Dimitri Gorenburg :

« Tout comme les orateurs de la séance plénière, Zaroudnitsky s’est concentré sur les aspects militaires des révolutions de couleur. Il a fait valoir que si l’Ouest considère ces révolutions comme un moyen pacifique de faire tomber des régimes non démocratiques, les événements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ont montré que la force militaire fait partie intégrante de tous les aspects des révolutions de couleur. Ceci inclut des pressions externes sur le régime en question pour l’empêcher d’avoir recours à la force pour rétablir l’ordre, l’apport d’aide militaire et économique aux forces rebelles et, si ces mesures ne suffisent pas, la conduite d’une opération militaire pour vaincre les forces gouvernementales et permettre aux rebelles de prendre le pouvoir. Ainsi, les révolutions de couleur constituent une nouvelle technique d’agression lancée par les Etats-Unis et visant à détruire un Etat en divisant sa population. L’avantage de cette technique est qu’elle nécessite le déboursement de relativement peu de ressources pour atteindre ses objectifs. (...)

Elle est utilisée avant tout dans des zones urbaines, des civils servant fréquemment de boucliers. Les règles martiales communément acceptées ne valent pas puisque les forces armées officielles ne sont pas déployées. A la place, on laisse des forces criminelles et terroristes, ainsi que des entreprises militaires privées, agir en toute impunité. Pour repousser ce genre d’attaques, il faut avoir recours à des tactiques de guerre anti-guérilla. »

Dans le choix de ses cibles, « le principal facteur est l’intérêt géopolitique de l’Etat provocateur, ce qui signifie avant tout de choisir des pays disposant de ressources naturelles considérables ou ayant une importante position stratégique et une politique étrangère indépendante ».

Source : Solidarité & Progrès

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