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Les tests de résistance de la BCE manquent de consistance

Le 19 août à 09:08

Mercredi 29 novembre 2014 - Comme prévu, les stress tests (tests de résistance) et la asset quality review (revue de la qualité des actifs – AQR) effectués par la Banque centrale européenne ont donné lieu à une gigantesque opération de poudre aux yeux, destinée à mettre la bulle spéculative à l’abri. Les ratios de fonds propres ont été définis par rapport aux actifs pondérés en fonction des risques (RWA), c’est-à-dire des prêts, alors que le trading financier en a été exclu. Par conséquent, les banques dont le bilan compte beaucoup de spéculation s’en sont sorties mieux que les banques prudentes qui ont une part plus importante de prêts (RWA) dans le bilan.

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La banque italienne Monte dei Paschi di Siena est à ce point insolvable qu’elle fera probablement l’objet d’une acquisition.
Crédit : Reuters

En outre, la BCE s’est fiée aux données fournies par les banques pour évaluer leurs risques, alors qu’on sait bien que les méthodes de pondération diffèrent entre elles. Un banquier prudent peut juger très risqué le même actif qu’un autre évalue à faible risque. Dans tous les cas de figure, les banques spéculatives gagnent.

Sur les 130 banques de la zone euro ayant subi une RWA, seules 25 n’avaient pas un capital adéquat à la fin de 2013, et 12 d’entre elles avaient comblé le trou avant la publication du rapport, selon la BCE, ne laissant que 13 banques qui doivent présenter un projet de recapitalisation.

Un exemple pour illustrer la tromperie : Deutsche Bank a un bilan double celui d’Unicredit ou de Banca Intesa, mais moins de RWA. En effet, seulement 20 % des 15 000 milliards d’euros dans son bilan sont considérés comme des actifs pondérés, et les 12 000 milliards restants ont été exclus. Ainsi, Deutsche Bank peut réussir le stress-test avec un capital de 47 milliards d’euros. En réalité, compte tenu de tous les actifs, y compris ceux non pondérés, le ratio de fonds propre de Deutsche Bank, comme l’a dénoncé l’économiste Martin Hellwig, est à peine de 3 % !

Par contre, huit caisses d’épargne et banques populaires italiennes figurent parmi celles avec un déficit de capital. Sur celles-ci, sept ont été recapitalisées et l’autre, la Cassa di Risparmio di Genova (Carige), doit encore le faire. Une neuvième banque italienne, Monte dei Paschi di Siena, est à ce point insolvable qu’elle fera probablement l’objet d’une acquisition.

Selon les conclusions de la BCE, le système bancaire européen a besoin de seulement 9,5 milliards d’euros pour se protéger contre les chocs systémiques. Mais dans le cas cité de Deutsche Bank, ce chiffre ne couvrirait même pas 1 % des pertes sur son porte-feuille de trading. En outre, les tests n’ont pas tenu compte de la déflation ni de l’effet des sanctions contre la Russie. Pire, ils ont fait abstraction des risques énormes de l’économie financière.

Bref, on se dirige vers la prochaine crise sans plan B, du fait que les autorités s’obstinent à ne pas considérer la seule solution : une séparation des banques de type Glass-Steagall.

Source : Solidarité & Progrès

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