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Los Indignados : l’actualité de la « grève de masse » en Europe

Le 21 août à 13:08

2 juin 2011 (Nouvelle Solidarité) – Entre les politiques qui souhaitent secrètement voir le soulèvement des jeunes européens s’évanouir et les politiques qui ne comprennent toujours pas pourquoi ce mouvement leur échappe, on comprend vraiment pourquoi les jeunes ne votent pas et s’ouvrent à la révolte. « Non partisans mais pas apolitiques ! », répondent aux médias avec insistance les membres de Réelle démocratie maintenant. Alors que les rassemblements de dizaines de milliers de jeunes se poursuivent dans les soixante principales villes d’Espagne, le mouvement s’est étendu un peu partout en Europe, notamment à Athènes où 45 000 « indignés » ont manifesté dimanche dernier, mais aussi à Paris et dans une vingtaine de villes de l’hexagone.

Les manifestants grecs, dont le pays succombe sous les assauts répétés du FMI, n’hésitent pas à haranguer le peuple français avec leur banderole géante : « Silence ! Les français dorment ! Ils rêvent de ’68 ! », montrant combien l’on attend beaucoup du pays des droits de l’Homme (mais pas de la femme semble-t-il).

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Athènes, le 27 mai 2011.
Crédits : GREECE - HELLAS - ΕΛΛΑΔΑ sur Facebook

A Madrid, point de départ européen d’une révolte se référant aux peuples tunisiens et égyptiens, le slogan de départ « Nous ne sommes pas les marchandises des politiques et des banquiers » est plus que jamais d’actualité. Lundi dernier, les jeunes indignés se sont rendus sur le campus de l’Université Carlos III pour manifester contre la venue d’Emilio Botin, Président du géant bancaire espagnol Banco Santander (l’équivalent ibérique de Michel Pébereau), principal responsable de la crise mais qui bénéficie de l’argent public et qui dicte les plans d’austérité au gouvernement Zapatero. Les manifestants ont forcé sans violence l’entrée du bâtiment et ont entonné des slogans : « Usurier ! Usurier ! » ; « Botin, enfoiré, retourne planter des choux » ; « On paiera pas votre crise », etc.

La force de ce mouvement c’est la surprise et la volonté de vouloir rompre avec les règles du jeu. Malgré le sentiment d’injustice et des provocations policières, les indignés espagnols, grecs ou français n’ont jamais cédé à la rage destructrice. Depuis le début du mouvement, le mot d’ordre est « pas d’alcool, pas de drogue, pas de violence » et surtout pas de défaitisme, on n’est pas là pour se lamenter mais pour gagner, semblent-ils dire ; une rupture nette avec les mouvements sociaux et de protestation de la jeunesse qui ont eu lieu jusqu’ici.

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Carte de la mobilisation en Europe en date du 2 juin 2011.
Crédits : www.thetechnoant.info/campmap/

Jusqu’où ira ce mouvement ? Impossible à prédire, mais ce qui est sûr, c’est que ces dizaines et centaines de milliers de jeunes d’Europe et d’ailleurs sont le révélateur d’un nouveau sentiment au sein de la population, celui que Rosa Luxemburg identifiait sous le nom « grève de masse », à l’heure où l’ensemble du système économique et financier se désintègre sous nos yeux.

Ainsi écrivait en 1917 l’économiste et philosophe allemande à son amie Mathilde Wurm, qui avait rejoint le clan du compromis à la tête de la social-démocratie :

Toute ton argumentation contre ma devise : je suis là, je ne puis agir autrement ! revient à dire : tout cela est bien beau, mais les hommes sont trop lâches et trop faibles pour un tel héroïsme, ergo, adaptons notre tactique à leur faiblesse et au principe : chi va piano, va sano. Mon petit agneau, quelle vision étriquée de l’histoire ! Il n’y a rien de plus changeant que la psychologie des hommes. D’autant que la psyché des masses renferme toujours en elle, comme Thalassa la mer éternelle, toutes les possibilités latentes : un calme de mort et la tempête furieuse, la lâcheté la plus vile et l’héroïsme le plus fou. La masse est toujours ce qu’elle doit être, selon les circonstances historiques, et elle est toujours sur le point de devenir tout à fait autre que ce qu’elle paraît être. (…) Ma petite fille, "être déçu par les masses", pour un dirigeant politique, c’est comme un zéro pointé. Un dirigeant de grande envergure ne règle pas sa tactique sur l’humeur momentanée des masses, mais sur les lois d’airain de l’évolution ; il s’en tient à sa tactique, en dépit de toutes les déceptions, et pour le reste, il laisse l’histoire tranquillement mener son œuvre à maturité.

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