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Pervenche Berès évoque le Glass-Steagall et appelle à une résistance contre les marchés

Le 13 décembre à 00:12

15 avril 2011 (Nouvelle Solidarité) — Le 11 avril, le démocrate Phil Angelides, président de la Commission américaine d’enquête sur la crise financière (FCIC), a présenté à Bruxelles devant le CRIS (Comité sur la crise financière, économique et sociale) du Parlement européen les conclusions de son rapport.

Après la série de réponses apportées par Angelides aux différentes questions, notamment celle d’un parlementaire italien sur le retour à la Loi Glass Steagall, la socialiste Pervenche Berès, rapporteure du CRIS a conclu la session avec les remarques suivantes (extraits tirés de l’audition d’Angelides que vous pouvez visionner ICI :

« Merci beaucoup.

« Monsieur le président [Angelides], je crois qu’il y a beaucoup d’enseignements à tirer de ce que vous nous dites, et en même temps, j’en reviens a votre introduction [révélant une complicité coupable des autorités avec les banques], il y a pour ceux qui nous écoutent et pour ceux qui attendent des messages sur le fait que les choses vont changer, beaucoup d’inquiétude à avoir. (…)

« L’enseignement qu’on peut tirer de ce que vous nous dites c’est que les politiques doivent résister aux marchés, ou en tout cas être suffisamment forts pour imposer aux acteurs des marchés les outils dont on a besoin pour que ces marchés fonctionnent bien.

« Or, cette proximité [entre politiques et lobbies financiers] qu’on observe chez vous ou ici, nous disent combien il est difficile d’avancer.

« Ce que vous nous avez dit sur le paquet Dodd-Franck [loi américaine fixant un premier cadre aux activités les plus spéculatives] qui serait aujourd’hui fragilisé par la volonté de certains au Congrès de ne pas donner aux autorités les moyens de mettre en œuvre cette législation, je vous rassure, nous avons le même phénomène ici. Aux Etats-Unis avec le paquet Dodd Franck vous avez beaucoup avancé sur le plan de la régulation ; nous, nous avons plutôt fait des efforts dans le domaine de la supervision. (…)

« Mais sur le paquet supervision nous avons affronté la même difficulté que vous, c’est-à-dire que les Etats-membres, une fois qu’ils avaient accepté le principe des mécanismes européens de supervision pour les rendre plus efficaces, se sont avérés très frileux pour dire les choses poliment. Lorsqu’il s’est agit de désigner des personnalités, [il est apparu que] personne n’avait suffisamment d’autorité pour être patron de ces autorités de législation, ou pour les doter financièrement.

« Vous avez répondu à notre collègue s’agissant du Glass-Steagall Act et de la séparation des banques de dépôt et des banques d’investissement, c’est une des propositions que je fais dans le rapport final et qui mérite que l’on regarde les choses d’assez près.

« Parce que — et je reviens à ce que je vous disais tout à l’heure lors de la conférence de presse— lorsqu’au sein de cette commission CRIS dans une première étape, dans notre rapport intérimaire, j’avais eu une approche assez holistique des causes de cette crise, en écho avec notre mandant : une crise financière, économique et sociale (…)

« La première version que j’avais proposé comme analyse de cette crise, au fond, s’est heurtée à ceux qui ne voulaient pas voir les origines sociales de cette crise. Comme quoi les marchés financiers avaient exploité la pression sur les salaires pour autoriser l’octroi de crédits à des gens dans des conditions insoutenables, mais en même temps lorsqu’on proposait des choses trop radicales vis-à-vis des marchés financiers, alors là il n’y avait pas non plus de consensus.

« Fondamentalement, cette idée que ceux qui sont à l’origine de cette crise sont ceux qui pourront trouver les solutions à cette crise n’est pas soutenable. Parce que vous l’avez dit vous-même tout au cours de l’après-midi, il y a un arbitrage réglementaire, il y a une puissance de lobbies organisés par les marchés financiers qui fait que pour le fonctionnement de nos démocraties et de nos marchés on a besoin d’organiser la résistance ou en tout cas de revenir à l’essence de la démocratie qui permet à des contrepoids d’exister. Et je crois que votre rapport est une pierre importante à cet édifice. »

Ceci ne peut qu’encourager tous nos militants à augmenter la pression afin de garantir que le terme Glass-Steagall puisse devenir mieux qu’un mot, une réalité. Car, comme le souligne Jacques Cheminade, revenir à un vrai « Glass-Steagall », ce n’est pas simplement caresser un bon critère « de régulation », mais revenir à un vrai projet de société d’ensemble, c’est-à-dire un projet économique, industriel, culturel et scientifique garantissant les investissements essentiels au service des générations futures.

SIGNEZ ICI : la pétition pour un Glass-Steagall global


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