FRNL
   
  • 55€
  • 1010€
  • 2020€
  • 5050€
  • 100100€
  • 500500€
   

Pour sauver l’euro : tirons sur le Samu social !

Le 17 août à 08:08

20 juillet 2011 (Nouvelle Solidarité) – Réduire à tout prix les dépenses publiques pour conserver la notation AAA de la dette française, voilà un but qui justifie tous les moyens, y compris les sacrifices humains.

C’est pour dénoncer ce type de folie que l’ancien secrétaire d’État chargé de l’action humanitaire et fondateur du Samu social de Paris Xavier Emmanuelli, annonce que, confronté à un manque de moyens et une situation budgétaire qui « n’est plus gérable », il démissionne de son poste.

En mai dernier, l’État français, qui finançait le Samu social à 92%, prenant prétexte du temps clément, avait annoncé une réduction drastique des moyens alloués à l’hébergement d’urgence. Ainsi, le Samu social a vu le nombre de nuits financées en hébergement hôtelier amputé de 25%.

C’est en 1992, lors de consultations au Centre d’hébergement et d’assistance aux personnes sans abris de Nanterre dans les Hauts-de-Seine, que le docteur Xavier Emmanuelli avait eu l’idée d’appliquer aux problèmes sociaux les méthodes de « l’urgence » médicale en créant le 22 novembre 1993 les premières « équipes mobiles d’aide » du Samu social de Paris, chargées d’aller à la rencontre des sans-abri.

Aujourd’hui, dit-il dans un entretien avec Charlie Hebdo, « l’urgence sociale, personne n’y croit ( …) C’est comme dans le dessin animé de Tex Avery, tout le monde se refile le bâton de dynamite avant qu’il pète. On est dans le ’c’est pas moi, c’est toi’ : c’est du ressort de l’État, non, c’est celui de la mairie. Ils se tirent dans les pattes, ils n’ont pas les mêmes objectifs, c’est à celui qui ne paiera pas ou, au contraire, qui se dira le plus généreux », affirme le docteur Emmanuelli.

Alors qu’il manque, en Ile-de-France, 13 000 places d’hébergement et de logement d’insertion, les réductions des crédits de l’État affectés au SAMU social auront des conséquences tragiques : si l’État ne revient pas sur ces dispositions, 15 000 personnes se retrouveront à la rue dès le mois d’août.

La décision n’est pas seulement abjecte mais stupide, car comme premier résultat, les services des urgences hospitalières ont été pris d’assaut par des familles pauvres. Entre le 15 mai et le 4 juillet, soit six semaines, ce ne sont pas moins de 3 à 4 familles par jour qui frappent à la porte des urgentistes pour demander le vivre et le couvert.

 Envoyer à un ami  Nous contacter
 
 
   
  • 55€
  • 1010€
  • 2020€
  • 5050€
  • 100100€
  • 500500€