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Shutdown : une mise en scène pour sauver Wall Street et tuer les vieux

Le 17 octobre à 10:10

Samedi 12 octobre 2013 - Jeudi dernier, lors d’une audition de la Commission bancaire du Sénat américain sur les dangers d’un défaut sur la dette américaine, démocrates et républicains se sont accordés sur deux points : 1- il faut payer les banquiers ; 2- il faut utiliser la mise en scène du « shutdown » pour couper dans les prestations sociales, en particulier pour les plus âgés.

L’accord en négociation entre l’administration Obama, les dirigeants républicains du Congrès et Wall Street, doit être vu à la lumière de la proposition faite devant la Commission par le président de l’American Banking Association (ABA), Frank Keating [1], également connu pour son opposition farouche au rétablissement du Glass-Steagall Act.

Reprenant un thème développé par la tristement célèbre Banque des règlements internationaux [2] dans son dernier rapport annuel, Keating a averti d’emblée que les Américains vivent trop longtemps et que par conséquent les systèmes de retraites et de soins aux plus âgés vont mettre le pays en faillite : « D’ici 2025, chaque centime d’impôt fédéral ira au paiement des retraites, à la santé et aux intérêts sur la dette », et il faudra donc, « une fois la crise [du shutdown] passée, s’asseoir pour négocier avec ardeur et de manière non partisane pour trouver comment rattraper cette fuite en avant. »

Bien évidemment, Keating a oublié de mentionner comment la politique de libre-échange, la fermeture des usines, la baisse généralisée des salaires d’une large partie de la population américaine, la baisse des impôts pour les catégories les plus riches, l’évasion fiscale, le coût des renflouements bancaires, l’hyperinflation provoquée par la Réserve fédérale et les guerres impériales sans fin... ont provoqué une chute des revenus (tant pour les individus des classes moyennes et inférieures que pour l’Etat), ainsi que des ressources permettant de garantir le maintien des régimes sociaux du pays.

Le laquais des banquiers s’est ensuite évertué à décrire comment les personnes qui prenaient leur retraite à 62 ans en moyenne en 1959 vivaient seulement jusqu’à 69 ans, tandis qu’elles meurent aujourd’hui en moyenne à 80 ans. Ainsi, a-t-il conclu, « toutes les tables actuarielles sont fausses. Nous vivons heureusement bien plus longtemps, ce qui provoque d’énormes tensions en ce qui concerne nos capacités à fournir les services aux personnes plus âgées dans notre pays, et ceci va continuer à empirer au cours des 20 prochaines années. (…) La seule manière [de résoudre le problème des tables actuarielles] sera de lier la levée du plafond de la dette à une réduction durable des engagements à long terme de l’Etat [pour tout ce qui concerne les programmes sociaux]. »

Il a ajouté que la meilleure manière, à son avis, de réduire les prestations sociales aux plus âgés est d’introduire, au-delà d’un aménagement de l’indice des prix à la consommation (désindexer les prestations de l’inflation), un « indice de longévité », en quelque sorte une retraite dégressive encourageant les gens à se laisser mourir lorsqu’ils prennent de l’âge !

Devant ces propos dignes des théories économiques appliquées en Allemagne dès 1933, aucun parlementaire n’a sourcillé, montrant bien comment la mise en scène du « shutdown » a permis de conditionner les esprits à une austérité meurtrière.

Mais elle a aussi pour but de tuer le débat qui s’empare des Etats-Unis et pour lequel des propositions de loi existent déjà au Congrès : un nouveau Glass-Steagall Act. Car la stricte séparation entre banques de crédit et banques-casino condamne à mort les mégabanques de Wall Street. C’est la seule solution pour échapper à ce nouveau fascisme.

Source : Solidarité & Progrès

[1] Keating n’est pas banquier, mais est un ancien procureur et homme politique qui, selon sa biographie officielle sur le site de l’ABA, a démarré sa carrière comme agent du FBI !

[2] La BRI entretenait des relations troubles avec le régime nazi pendant les années 1930 puis la Seconde guerre mondiale.

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