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Tunisie, Egypte, Wisconsin et maintenant Londres…

Le 27 mai à 23:05

29 mars 2011 (Nouvelle Solidarité) — La grève de masse globale est arrivée en Grande-Bretagne. Sous le slogan « Marche pour l’alternative », entre 450 000 et 500 000 personnes – bien plus que n’en attendaient les organisateurs – ont participé à une manifestation contre le budget d’austérité du gouvernement conservateur de David Cameron.

Infirmiers, enseignants, pompiers, fonctionnaires, étudiants, retraités, etc., étaient venus de tout le Royaume-Uni pour exiger une alternative aux réductions budgétaires mortelles imposées par le gouvernement. Chiffre impressionnant pour une population totale de 62 millions.

Pour Brendan Barber, le dirigeant de la confédération syndicale TUC, « les ministres devront sérieusement revoir l’ensemble de leur stratégie, après la manifestation d’aujourd’hui. C’est l’Anglais moyen qui parle. »

Il a précisé que les syndicats allaient accroître la pression sur le Parlement et lancer une série de protestations dès la semaine prochaine en défense de la gratuité du système de santé (National Health Service).

S’adressant aux protestataires, Len McCluskey, secrétaire général de Unite, le plus grand syndicat de Grande-Bretagne, rappela le lot quotidien de la population : fermeture des services publics, personnes âgées privées de soins, fermeture de bibliothèques, piscines et parcs, et des jeunes n’ayant que le chômage pour toute perspective. « Mais vous représentez un esprit de résistance, sur tous les lieux de travail et dans chaque commune, qui proclame que nous n’allons pas laisser détruire notre mode de vie pour que les riches et les rapaces puissent vivre comme ils l’entendent. »

Ed Milliband et d’autres dirigeants du Parti travailliste, qui participaient également au rassemblement de Hyde Park, ont dû être déçus par les réactions. Si Milliband s’est dit « fier » d’être aux côtés des manifestants, ceux-ci l’ont hué lorsqu’il déclara que « certaines coupes » étaient nécessaires. Alors que Ed Balls, le chancelier présumé d’un gouvernement travailliste, abondait en promesses d’emplois et de logements, beaucoup scandaient : « Qu’est-ce que tu vas faire pour nous, Ed ? »

Comme on pouvait s’y attendre, les médias ont monté en épingle les provocations de quelques centaines d’émeutiers qui ont brisé des vitrines, mis le feu et se sont battus avec la police dans des zones éloignées du rassemblement principal. La police dit avoir procédé à 75 arrestations, ce qui est peu par rapport au nombre de manifestants. Rappelons ici que Cameron a sommé l’armée britannique de se mettre en disponibilité pour mâter les grèves qui viennent.

Le directeur des Relations internationales du TUC, Owen Tudor, nous a confié que la grève de masse au Wisconsin était un thème de discussion constant ces dernières semaines chez les travailleurs du Royaume-Uni, qui la considèrent « comme une lutte commune ».

L’opposition du TUC au démantèlement prévu du National Health Service, a son pendant aux Etats-Unis, où la « réforme de la santé » du président Obama, en réalité un programme de réduction budgétaire avec des conséquences mortelles, a contribué à déclencher la grève de masse.

Le mouvement qui se développe au Royaume-Uni aura une incidence en Europe continentale, où la grève de masse se manifeste déjà en Grèce, avec pas moins de 8 grèves générales ces 12 derniers mois, au Portugal, où 300 000 jeunes sont descendus dans les rues de Lisbonne il y a quelques semaines, ou encore en Irlande, où le gouvernement qui avait capitulé face à l’UE et au FMI a été renversé.


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