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Ukraine : Helmut Schmidt dénonce la dangereuse mégalomanie des eurocrates

Le 12 décembre à 05:12

Vendredi 23 mai 2014 - Dans un entretien exclusif accordé au quotidien Bildzeitung (publiée en deux parties les 15 et 16 mai), l’ancien chancelier allemand Helmut Schmidt a dénoncé l’actuelle campagne contre la Russie.

Interrogé sur les parallèles avec 1914, il a répondu que

« l’Europe, les Américains et aussi les Russes agissent, comme le décrit l’auteur Christopher Clark dans son livre fort intéressant sur le début de la Première Guerre mondiale, comme des ’’somnambules’’. (...) Le danger que la situation s’aggrave comme en août 1914 grandit tous les jours. »

Pour résoudre la crise en Ukraine, Schmidt plaide pour la diplomatie et des négociations, car la crise ne peut être résolue qu’en rassemblant les chefs d’Etat et de gouvernement concernés autour d’une table, comme lors de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) de 1975, qui a donné naissance à l’OSCE vingt ans plus tard. Arriver à une solution pour l’Ukraine demande du temps, explique-t-il, certainement plus d’un an, et ne peut y arriver que si la Russie est consultée ainsi que d’autres pays voisins, et le format exigé est celui de Genève II.

L’approche occidentale pose problème dans la mesure où l’Ukraine n’est pas un peuple unifié, poursuit-il : il y a la Crimée, l’Est et l’Ouest. La partie occidentale du pays est principalement composée de territoires polonais, où la population est catholique romaine, tandis que la partie orientale comprend l’ancien territoire de la Kiev Rus, qui est le cœur de la Russie, de religion orthodoxe. « L’Occident ne semble pas du tout vouloir prendre ceci en considération. »

Les sanctions ne marcheront pas, prévient-il, mais elles conduiront à d’autres sanctions encore, puis au réarmement, et « et à la fin on se retrouvera en plein combats militaires ».

Vladimir Poutine, estime-t-il, est un homme politique « prévoyant ».

« Je ne pense pas que Poutine veuille la guerre. Et l’Europe devrait tout faire pour encourager cette position de la Russie, au lieu de bavarder sur la Troisième guerre mondiale comme le font le gouvernement à Kiev et beaucoup dans l’entourage du président Obama. »

Schmidt se livre aussi à une attaque utile contre la Commission européenne. Même si le Parlement européen ne compte pas pour beaucoup à l’heure actuelle, il faudrait que celui-ci fasse un putsch contre la Commission, qui conduit une politique étrangère dangereuse car elle intervient dans la politique mondiale sans avoir la moindre idée de ce qu’elle fait. L’effort pour entraîner l’Ukraine dans l’UE, et encore plus la Géorgie, qui se situe définitivement à l’extérieur de l’Europe, révèle toute la « mégalomanie des eurocrates », conclut-il.

Source : Solidarité & progrès

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