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Une lame de fond pour la séparation des banques met Obama en porte-à-faux

Le 16 décembre à 02:12

17 mai 2012 (Nouvelle Solidarité) – Comme nous le rapportions il y a quelques jours, les pertes colossales de la banque américaine JP Morgan Chase sur les marchés dérivés de la City de Londres ont provoqué aux Etats-Unis et dans le monde entier une véritable lame de fond en faveur du rétablissement d’une séparation stricte entre banques de dépôts au service de l’économie réelle et banques d’affaires spéculatives à l’image de la fameuse loi Glass-Steagall imposée Etats-Unis en 1933 par le président Franklin Roosevelt et en France à la Libération.

L’équipe de François Hollande, qui, sans les connaître, répète souvent qu’elle ne fait que s’inspirer des réformes américaines en cours, devrait faire l’effort de lire ce qu’affiche le site de la Maison Blanche. Bien que plus de 23 000 Américains y aient signé une pétition appelant à réinstituer la loi Glass-Steagall, la Maison-Blanche n’a eu aucun état d’âme pour leur envoyer un message personnel expliquant pourquoi Obama s’y oppose ! Le scandale JP Morgan risque donc de se retourner rapidement contre un Président Obama dont les plus grands donateurs pour sa réélection sont une fois de plus les grandes banques de Wall Street.

Dans l’opinion, voici les dernières déclarations en faveur de Glass-Steagall.


- La prise de position en faveur de Glass-Steagall par la candidate démocrate au Sénat Elizabeth Warren, du Massachusetts, a été largement couverte par les médias et a amené plus de 50 000 américains à signer en moins de 24 heures une pétition appelant à restaurer Glass-Steagall. Elizabeth Warren est une experte reconnue dans la protection des droits des consommateurs et pour ses nombreuses prises de position pour une stricte régulation bancaire.


- Dans une interview au Washington Post, Warren a expliqué que si c’est trop compliqué de mettre en place la Volcker Rule [interdisant les banques de spéculer avec leur fonds propres], ce n’est pas une raison pour abandonner la lutte pour la régulation bancaire mais au contraire pour faire adopter un nouveau Glass-Steagall. Le Boston Globe a pour sa part ajouté que Warren avait également appelé à la démission du PDG de JP Morgan Chase, Jamie Dimon.


- Un reporter de Dows Jones Market Watch, David Weid, écrit : « Ainsi, plutôt que de lancer plus de règles inefficaces et pouvant facilement être déjouées dans le système, divisons tout simplement le système en deux. Nous les gens allons garder nos banques traditionnelles – le côté monétaire et économique de l’équation. Nous allons laisser la capitalisme de casino se déchaîner de l’autre côté. Ramenons Glass-Steagall... »

- Un éditorial du Pittsburgh Tribune Review (pourtant propriété de Richard Mellon Scaife, de la famille de banquiers Mellon) : « La meilleure solution est un retour à une ancienne règle de bon sens – Glass-Steagall (…) [qui] a très bien servi ce pays pour de nombreuses décennies jusqu’à ce qu’elle ne soit affaiblie en 1960 puis finalement éliminée en 1999. »
- Un éditorial de l’agence de presse Reuters, de James Saft  : « La règle Volcker ne sera pas efficace ; il est impossible de distinguer les opérations de couverture de la spéculation et chacune des deux peut faire exposer les banques. L’alternative est de mettre fin à cette politique du ’too big to fail’, de préférence en forçant toutes les banques par la même occasion à quitter le secteur de la spéculation sur les marchés par une restauration de Glass-Steagall... »

- Une lettre au New York Times de Paul Immerman, avocat spécialisé du marché obligataire : « Il est temps d’ignorer les déclamations futiles des banquiers qui font pression pour moins de régulation et d’imposer une vraie réforme en reconnaissant que l’abrogation de Glass-Steagall était une erreur. Seulement en rétablissant Glass-Steagall et en interdisant toutes les activités de trading par les banques commerciales pourrons-nous éviter en autre effondrement et un renflouement aux frais du contribuable. »

- Un éditorial du St. Louis Post-Dispatch  : « Avec Glass-Steagall, la nation a bénéficié de presque 50 années de prospérité. Les banques commerciales prêtaient de l’argent. Les banques d’investissement faisaient des affaires. Les maisons de courtage vendaient des actions et des obligations. Les compagnies d’assurance vendaient des assurances. Et ça marchait. » L’éditorial se conclut en suggérant comme slogan de campagne : « Ramenez Glass-Steagall. C’était assez bon pour Roosevelt. C’était assez bon pour 50 ans de prospérité. L’argent qui tourbillonne à travers la finance internationale ces jours-ci ne fait que cela – tourbillonner, créant des profits et aucun emploi. Cela rend la nourriture et l’essence plus chères. C’est un schéma de Ponzi hors de proportion qui enrichit une minorité au détriment du plus grand nombre. »

- Un commentaire de Nomi Prins sur le site de Truthout  : Prins explique que les pertes de JMP/Chase vont s’alourdir et d’étendre, ajoutant qu’« il n’existe plus de transactions isolées aujourd’hui (...) Dimon a raison à propos d’une chose, c’est que la règle Volcker ne se serait pas nécessairement appliquée à cette ’opération de couverture’... La règle Volcker ne changera rien de fondamental au sujet du risque global – tant et aussi longtemps que les banques ne seront pas séparées à la Glass-Steagall selon la ligne dépôt/prêt vs spéculation, elles auront accès à des capitaux comme combustible. Et le brûler elles vont le faire. »

Nous terminons notre tour d’horizon en citant Rachel Brown, une des candidates larouchistes qui s’était présentée en 2010 au Massachusetts dans la primaire démocrate pour le Congrès contre le député Barney Frank, co-auteur de la loi Frank-Dodd intégrant la règle Volcker.

A l’époque, Brown avait dénoncé Franck comme un imposteur dans sa soi-disante lutte contre la spéculation. La candidature de Brown avait recueilli, en dépit d’une très faible exposition médiatique, plus de 20% des votes. Aujourd’hui, bien que Franck a annoncé qu’il ne se représentera plus, Rachel Brown est de nouveau en lice. Dans un communiqué du 16 mai, Brown déclare :

« Il est de plus en plus évident que l’escroquerie Obama-Barney Frank, cherchant soi-disant à faire rentrer Wall Street dans le rang, a été un échec, et plusieurs, incluant la candidate au Sénat Elizabeth Warren, se sont joints à l’appel pour restaurer Glass-Steagall, et mettent la pression pour que ce soit fait avant les élections de novembre prochain. Je salue les fortes déclarations de Warren à ce propos, et comme la direction du Parti Démocrate les sait bien ici au Massachusetts, ceci était au centre de ma campagne de 2010 contre Barney Frank. J’étais essentiellement la seule à cette époque, (…) alors que tous les autres démocrates du Massachusetts se défilaient face à la brutalité de Barney et à la pression de la Maison Blanche.

« Mon message aux démocrates nouvellement convertis [à Glass-Steagall] – qui ont eu besoin d’un signal d’alarme comme celui que nous venons de voir sur Wall Street – est de changer votre habitude de cireur de pompes une fois de plus, et de reconnaître très vite que LaRouche et moi-même avions raisons sur ce point également : qui est que pour sauver notre nation et lancer une initiative de reprise véritablement rooseveltienne avant qu’il ne soit trop tard, le Président Obama doit partir, maintenant, bien avant l’élection de novembre. »

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