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Vive la Belgique libre ! Lang leve een vrij België !

Le 12 décembre à 16:12

Par Karel Vereycken

Ils ne doivent pas décider pour nous ! Alors qu’on affole les Belges en leur annonçant tous les jours que leur pays est au bord de l’éclatement, nous nous demandons encore et toujours d’où vient ce scénario de série B qui s’abat sur nous depuis une trentaine d’années. C’est surtout dans la presse étrangère, financière de surcroît, qu’on claironne qu’« Il n’y a plus de gouvernement en Belgique » et que « le royaume est menacé de décomposition ! ». C’est une campagne entièrement mensongère, car, en attendant la formation d’un nouveau gouvernement, les ministres en exercice accomplissent au quotidien leurs tâches essentielles.

D’où vient alors cet acharnement à vouloir « casser la Belgique ». Après l’émission scandaleuse de Philippe Dutilleul « Bye-bye Belgium » de 2006, c’est le magazine The Economist de Londres (6 sept. 2007) - porte-parole d’une oligarchie financière internationale qui cherche à affaiblir les Etats, et même à provoquer leur désintégration, afin de mieux dépecer leurs richesses - qui tire sur la Belgique : « C’est le moment d’en finir », la Belgique « est devenue une monstruosité de la nature, un Etat où le pouvoir est tellement sous-délégué que le gouvernement est un vide que l’on tient en horreur. En bref, la Belgique a servi son objectif. Un divorce praline est à l’ordre du jour. Les Belges ne devraient pas se sentir tristes. Les pays viennent et s’en vont ».

Ainsi, comme dans tous les grands moments de l’histoire, les masques tombent et c’est le calcul financier qui s’impose ! L’Economist, mais aussi les patrons flamands néo-conservateurs du think-tank In de Warande, invoquant des analyses « coûts-bénéfices », nous disent qu’un Etat fédéral coûte « trop cher », et qu’un divorce de velours s’impose pour créer une Flandre « low cost » mieux « adaptée » à l’Europe des marchands et à la mondialisation des marchés financiers.

Comme nous l’avons documenté ailleurs*, les indépendantistes de tous poils, encouragés, financés et soutenus par l’étranger, emploient désormais l’arme du fédéralisme pour imposer en réalité la sécession ! Les Belges deviennent ainsi les cobayes d’un vaste laboratoire à ciel ouvert élargi ensuite aux autres grandes nations européennes, jugées désormais de taille trop inhumaine pour les valeurs Facebook.

Les notes de cette partition furent écrites en 1947 par l’économiste autrichien Leopold Kohr dans son livre The Breakdown of Nations [La décomposition des nations]. Cet ami d’Orwell y développe sa thèse malthusienne selon laquelle « Ce qui est petit est beau » (Small is beautiful). Sa thèse a été ensuite popularisée par l’imbuvable Freddy Heineken, qui en 1992 publiait une carte envisageant l’émiettement de l’Europe en quelque 75 mini-Etats ethniquement purs et dignes de l’Europe d’Adolphe Hitler. Cerise sur le gâteau, Alesina et Spolaore, deux économistes de renom dans l’orbite de Robert Mundell, le père de la théorie des « zones monétaires optimales » qui aboutit à la création de l’euro, expliquent dans leur livre The Size of Nations (2003) [La taille des nations] comment « l’intégration économique » dans des zones monétaires « conduit à la désintégration politique » des nations. Voilà les références explicites des indépendantistes flamands, allant du Vlaams Belang jusqu’à Yves Leterme en passant (surtout) par Bart de Wever du N-VA.

Comment sortir de ce jeu de massacre ?

1) Dénonçons l’idéologie néo-conservatrice qui vise à dresser les Belges les uns contre les autres pour faire valoir l’hégémonie d’une mondialisation financière suicidaire. Depuis des temps reculés, Wallons et Flamands, ainsi que d’autres, avons bâti côte à côte une société d’un haut degré politique, scientifique, industriel et culturel.

2) Constatons que le Roi fait partie du problème. En acceptant Yves Leterme et surtout Bart de Wever comme formateur et négociateur, il a donné carte blanche au dépeçage du pays. Est-il conscient de la gravité de son acte ? On est en droit d’en douter. C’est la règle de la démocratie, mais la réalité demeure qu’à cette heure la Belgique n’a pas de nouveau gouvernement pour la simple raison que les personnes chargées de le former, fortes de leur idéologie et de leurs soutiens internationaux, n’ont pas la moindre intention de le constituer. En jouant la montre, on finit même par croire qu’ils comptent précisément démontrer l’inutilité d’un tel exercice.

3) Retournons à l’esprit des principes fondateurs de notre pays, en particulier à celui de la « Charte de Kortenberg » de 1312, reprise dans la « Joyeuse entrée » de 1356 auquel le Roi actuel a failli. Le souverain, en charge de garantir l’intégrité du territoire, n’y est que le serviteur du droit, le « stadhouder de Dieu », berger du peuple et un père de la patrie tirant son pouvoir exclusivement de l’ensemble de la communauté. Par conséquent, tout souverain qui se soustrait à son rôle perd irrémédiablement sa légitimité. Ces lois ont servi de référence pour déposer le joug du tyran Philippe II et l’empire des Habsbourg.

4) Pour s’en sortir, il faut avoir le courage de poser la nécessité de la République belge de demain. Soit nous érigeons une République, une, forte et indivisible, soit nous finirons avec d’un côté une République flamande soumise et mesquine, et de l’autre des « territoires » plus ou moins rattachables à la France, voire au Luxembourg. Cessons de nous plaindre de notre classe politique médiocre ; prenons en mains notre destin ! Utilisons cette crise pour forger dès aujourd’hui des partis politiques nouveaux, défendant la Res Publica (la « chose » publique) et disposant d’un minimum de représentativité sur l’ensemble du territoire de la nouvelle République.

5) Avec cette unité retrouvée faisons face aux problèmes réels de nos concitoyens. Pour cela, la République belge doit immédiatement s’associer aux efforts internationaux visant à juguler la crise financière et économique mondiale en exigeant un nouveau « Bretton Woods » qui, en utilisant le pouvoir des Etats, réoriente l’argent vers de grands projets d’infrastructures et de recherche. C’est la démarche défendue par Lyndon LaRouche aux Etats-Unis et par Jacques Cheminade en France en faveur d’un global New Deal inspiré par les politiques anti-crise du président Franklin D. Roosevelt.

6) Soyons fiers de nos acquis : les lecteurs de la revue scientifique américaine The Scientist viennent d’élire la Belgique à la première place des pays propices aux recherches scientifiques ! Disons non à la société post-industrielle des petits boulots qui colportent le désespoir. Refaisons de la Belgique un vaste chantier industriel pour la construction navale, pour les agro-bio-technologies et pour le nucléaire du futur. Faisons renaître notre savoir-faire métallurgique. Débloquons Anvers avec le projet du « Rhin d’acier ». Chantons « Vive la Belgique libre ! »

 

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