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Kris Peeters : l’initiative "la Ceinture et la Route" a toujours un grand potentiel

Le 18 décembre à 12:12

Samedi 10 juin 2017 - Voici l’interview que le vice-Premier ministre belge Kris Peeters, a fait avec Xinhua quelques jours avant sa participation à Beijing les 14 et 15 mai au Forum « Une Ceinture Une Route ». Il annonce que le port de Zeebrugge a conclu un accord avec la Chine pour transporter par train les voitures Volvo produites à Danqing vers le port belge.

Cette nouvelle connexion ferroviaire entre la Belgique et la Chine, après Anvers - Chongqing ouverte en 2011, donne encore plus de poids et de raison à notre appel pour la réactivation du « Rhin d’acier », dont Kris Peeters est aussi un fervent défenseur.

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Kris Peeters : l’initiative "la Ceinture et la Route" a toujours un grand potentiel

1) La Belgique vient de rejoindre la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), quelles sont les principales motivations à l’origine de cette décision ?

Kris Peeters :
Il existe un besoin global de nouvelles et de meilleures infrastructures dans beaucoup de domaines différents comme l’énergie, le transport, l’eau et la communication. Je donne quelques exemples : les villes en expansion ont besoin de nouveaux logements, de nouvelles routes et de solutions dans le domaine de la mobilité ; des liaisons énergétiques doivent être établies sur de grandes distances et l’accès à l’eau et aux ressources naturelles doit être assuré.

Voilà des défis que la plupart des pays ne peuvent pas relever individuellement. Le gouvernement belge est d’avis qu’il est crucial de mettre en commun les ressources pour financer de tels projets partout en Asie. Voilà pourquoi notre pays est devenu membre de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, tout comme nous nous sommes joints à la Banque mondiale, à la Banque Asiatique de Développement et à la Banque européenne d’investissement il y a plusieurs années. Ces banques de développement ne doivent pas être considérées comme des concurrents. Les besoins d’infrastructures actuels et futurs sont énormes, donc il y a certainement de la place pour une nouvelle institution comme l’AIIB. J’encourage aussi tous ces acteurs à travailler ensemble.

Mais il ne s’agit pas seulement de mettre en commun des ressources financières. La Belgique a beaucoup d’expérience et une grande expertise en matière d’infrastructures et en matière d’investissements dans les infrastructures que nous espérons pouvoir partager avec nos partenaires dans la région. Cependant, en même temps, nous devons éviter les erreurs du passé et nous assurer que les projets de l’AIIB sont viables et durables, tant sur le plan financier qu’au niveau de l’impact sur l’environnement et de l’impact social.

2) Comment évaluez-vous l’initiative chinoise "la Ceinture et la Route" ?


Kris Peeters : Quand le Président Xi Jinping a présenté l’initiative en 2013, il a mis l’accent sur l’amélioration de la connectivité et des communications, sur la promotion du commerce et des flux financiers et sur le renforcement des relations entre les personnes. La Belgique et l’UE attachent une grande importance à ces éléments, qu’il s’agisse du domaine du transport, de l’énergie, du commerce, du tourisme, de la culture ou de l’éducation.

Plus de trois années se sont écoulées depuis la première annonce du Président Xi, donc il est temps, à présent, de voir comment les différents pays et organisations peuvent collaborer pour concrétiser davantage ces initiatives. Nous ne devrions pas commencer à zéro. En tant qu’Union européenne, nous sommes par exemple en train d’examiner comment l’initiative "la Ceinture et la Route" peut cadrer avec nos projets existants comme le TEN. Et quand il s’avère nécessaire de présenter une idée originale, nous devons nous assurer que ceci ne crée pas de nouveaux obstacles.

L’initiative "la Ceinture et la Route" a toujours un grand potentiel. Elle peut montrer au monde entier notre engagement en faveur du libre-échange et de la coopération.

3) Quelles sont les perspectives de coopération belgo-chinoise dans le cadre de l’initiative "la Ceinture et la Route" ? Quels sont les projets spécifiques et les répercussions qu’implique cette initiative en Belgique ? Selon vous, quels sont les domaines dans lesquels cette initiative aura le plus d’impact à ce stade ?

Kris Peeters : Etant une plateforme logistique, la Belgique est bien située pour fonctionner comme porte d’entrée vers l’Europe pour les entreprises chinoises. Des investisseurs chinois ont exploité ce potentiel en assurant une présence significative dans le port d’Anvers et de Zeebrugge. Ceci explique également la liaison ferroviaire de fret directe de Chongqing à Anvers et la nouvelle liaison de Daqing à Zeebrugge.

Le tourisme est également en pleine expansion. Brussels Airport est desservi par Hainan Airlines tandis que l’aéroport de Liège accueille régulièrement des vols charters venant de 7 villes chinoises. Nous continuons à promouvoir ces vols en offrant des arrangements flexibles en matière de visas, et bien sûr en réservant un accueil chaleureux aux visiteurs chinois.

Les échanges de personnes à personnes sont un autre exemple : les universités et les écoles supérieures belges et chinoises ont mis en place des programmes conjoints, des activités conjointes de recherche et beaucoup d’autres programmes permettant aux étudiants et aux chercheurs belges et chinois de passer du temps dans leurs établissements académiques respectifs.

4) Pour développer la coopération entre la Chine et les pays concernés par l’initiative "la Ceinture et la Route", la Chine a identifié cinq priorités : la coordination en matière de politiques ; l’interconnexion des infrastructures ; la facilitation du commerce ; la circulation des fonds et la compréhension mutuelle des peuples. Selon vous, quels sont les principaux défis à relever dans ces cinq domaines ? Et les solutions ?

Kris Peeters :
En tant qu’acteurs mondiaux, l’UE et la Chine ont une responsabilité partagée de promouvoir une coopération internationale plus étroite par le libre-échange, le dialogue politique, la croissance durable et l’interconnectivité. A cet égard, l’initiative "la Ceinture et la Route" peut jouer un rôle important mais l’UE et la Chine devraient travailler côte à côte sur la base d’un ensemble de principes consensuels.

Avec le gouvernement chinois, nous voulons par exemple faire en sorte que l’initiative "la Ceinture et la Route" soit une plateforme transparente et inclusive dans laquelle tous les pays concernés et tous les acteurs multilatéraux sont impliqués. En même temps elle devrait aussi permettre une participation large et libre des compagnies étrangères dans le respect des règles et des normes. Je crois que de tels critères sont fondamentaux pour la crédibilité future de l’initiative "la Ceinture et la Route". Si nous voulons que ce soit un succès, nous devrons montrer que toutes les parties concernées ont l’opportunité de contribuer à ce projet ambitieux.

5) Quelle appréciation faites-vous de la coopération sino-belge en général ? Au regard des atouts respectifs dont disposent la Chine et la Belgique, avez-vous un appel particulier à lancer aux Chinois et aux Belges, pour les aider à mieux renforcer leur coopération gagnant-gagnant, et ce surtout dans le cadre de l’initiative "la Ceinture et la Route" ?

Kris Peeters : Nos relations bilatérales sont excellentes comme en témoignent les nombreuses visites réciproques de haut niveau entre nos deux pays ces dernières années : la visite d’Etat du Président Xi Jinping en Belgique en 2014, la visite d’Etat du Roi Philippe en Chine en 2015, la visite du Premier Ministre belge en octobre 2016, sans oublier les nombreuses visites ministérielles et parlementaires en Chine et en Belgique. L’année 2016 a été marquée par le 45ème anniversaire des relations bilatérales entre la Belgique et la Chine, accompagnée par de nombreux événements en Belgique comme en Chine.

Mais au-delà de ces contacts de haut niveau, nous devons continuer à encourager des échanges entre un maximum de citoyens chinois et belges : les étudiants, les professeurs, les stagiaires, les touristes, les hommes d’affaires, les artistes, etc. La découverte de nos cultures, de nos environnements de travail et de nos styles de vie respectifs améliorera la compréhension mutuelle et jettera la base d’une coopération encore plus étroite. Du côté belge, nous continuerons à stimuler ces échanges et nous comptons sur la Chine pour faire la même chose.

6) Si l’on vous invite à envoyer un message au Forum de "la Ceinture et la Route", qui se tiendra en mai 2017 à Beijing, que diriez-vous en une phrase ?

Kris Peeters : La construction d’une route demande un objectif précis, de la détermination et une bonne coopération. Travaillons ensemble dans cet esprit pour faire de l’initiative "la Ceinture et la Route" un succès pour le bénéfice de tous.

Source : Agence de presse Xinhua

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